Liban
La montée des tensions entre Israël et le Hezbollah au Liban pourrait précipiter l'effondrement de l'accord envisagé entre Donald Trump et l'Iran.

Le récent regain de tensions entre Israël et le Hezbollah dans le sud du Liban laisse présager une possible rupture rapide de l'accord potentiel entre le président américain Donald Trump et l'Iran, malgré les efforts américains visant à maintenir une séparation des dossiers.
Les forces israéliennes ont pénétré plus profondément sur le territoire libanais, franchissant le fleuve Litani et lançant des opérations militaires étendues qui ont touché deux nouvelles zones.
Cette incursion a atteint les hauteurs de Chaqif (Bofor) et la vallée de Salouki dans le sud libanais, dans le cadre d’une offensive contre le Hezbollah, soutenu par l’Iran, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis plus de six semaines.
Cette montée des affrontements, survenue juste après des pourparlers israélo-libanais organisés à Washington vendredi, a réduit les chances d’une annonce prochaine par les États-Unis et l’Iran d’une prolongation de leur cessez-le-feu.
Conséquences du conflit
Le conflit opposant Israël au Liban constitue l’une des principales répercussions de la guerre sur l’Iran. Les hostilités entre le Hezbollah et l’armée israélienne ont repris le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé des roquettes et des drones à travers la frontière vers Israël pour soutenir son allié iranien.
Un accord de cessez-le-feu avait été conclu à la mi-avril, mais les deux camps ont continué à s’échanger des tirs, s’accusant mutuellement de violations.
Le ministère libanais de la Santé a fait état d’un bilan de 3 412 morts et 10 269 blessés à la suite des attaques israéliennes depuis le 2 mars jusqu’à dimanche.
Vendredi, Donald Trump a indiqué qu’il prendrait prochainement une décision concernant un accord proposé pour prolonger la « trêve » avec l’Iran, annoncée début avril, offrant ainsi aux négociateurs du temps pour tenter de mettre fin durablement au conflit et résoudre la question centrale du programme nucléaire iranien ainsi que l’ouverture du détroit d’Hormuz.
Israël jouera un rôle clé dans tout accord de ce type, tandis que l’Iran a réitéré à plusieurs reprises la nécessité d’inclure le Hezbollah et d’intégrer strictement le Liban dans tout futur pacte américano-iranien.
Inquiétudes autour du détroit d’Hormuz
Par ailleurs, les inquiétudes grandissent concernant la présence de mines dans le détroit d’Hormuz, passage maritime vital pour le transport mondial de pétrole et de gaz, selon un rapport de l’analyste Tony Sikamore chez IG.
Sikamore a averti que cette situation pourrait retarder la réouverture du détroit, ce qui ralentirait la reprise des approvisionnements pétroliers même après la levée du blocus, et que même un accord ne garantirait pas un flux immédiat des livraisons.
Un correspondant du site Axios a rapporté vendredi qu’Iran avait déposé davantage de mines dans le détroit d’Hormuz plus tôt dans la semaine, peu après les déclarations du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, qui avait averti que toute tentative d’ensemencement supplémentaire de mines constituerait une violation du cessez-le-feu.
Environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz transitaient par ce détroit, mais Téhéran l’a pratiquement fermé suite à des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran fin février.
Les préoccupations liées à l’approvisionnement ont éclipsé les données économiques décevantes de la Chine en début de semaine, qui ont montré un ralentissement de l’activité manufacturière.
L’escalade entre le Hezbollah et Israël a accru les craintes que la deuxième économie mondiale perde son élan, affectée par la contraction des exportations et la pression sur les coûts.
Les prix du pétrole ont augmenté de plus de 2 % lors des échanges précoces ce lundi. Les contrats à terme sur le brut américain ont progressé de 2,17 dollars, soit 2,48 %, pour atteindre 89,53 dollars le baril à 23h12 GMT dimanche. Les contrats à terme sur le Brent ont gagné 1,93 dollar, soit 2,12 %, pour s’établir à 93,05 dollars le baril.



