Liban
Hani : La loi sur la pêche maritime est une étape cruciale dans le processus de modernisation des systèmes de pêche en Liban
Le ministre de l'Agriculture, Nizar Hani, a tenu une réunion au sein de l'Institut des sciences marines et de la technologie (MARSA TI), près du port de pêche de Batroun, pour discuter des questions relatives aux pêcheurs et au secteur de la pêche maritime au Liban.

Le ministre de l'Agriculture, Nizar Hani, a tenu une réunion au sein de l'Institut des sciences marines et de la technologie (MARSA TI), près du port de pêche de Batroun, pour discuter des questions relatives aux pêcheurs et au secteur de la pêche maritime au Liban.
Ont participé à la réunion l’ancien député Gebran Bassil, le directeur de l’institut Stéphane Assal, le directeur général des transports terrestres et maritimes, le colonel Mazen Bseiso, le directeur général du ministère de l’Agriculture Louis Lohoud, le directeur général du développement rural Chadi Mehna, le président de la coopérative des pêcheurs de Batroun Étienne Assal, le maire de Batroun Marcellino Harik, le directeur du centre agricole Dany Bassil, les directeurs et chefs d’administration ainsi que des notables et un grand nombre de pêcheurs de Batroun.
La réunion a commencé par l’hymne national, suivie d’un discours du directeur de l’Institut MARSA TI qui a souhaité la bienvenue aux participants et félicité le colonel Mazen Bseiso pour ses nouvelles fonctions, déclarant : « Je vous souhaite la bienvenue à l’Institut des sciences marines et de la technologie (MARSA TI), un lieu que nous avons voulu devenir une plateforme scientifique et technique au service de tous ceux dont le destin est lié à la mer. Je tiens particulièrement à remercier Monsieur le ministre docteur Nizar Hani pour sa présence aujourd’hui, geste qui traduit un intérêt sincère pour un secteur qui constitue une source de revenu direct pour des milliers de familles libanaises et une richesse marine jamais pleinement exploitée comme elle le mérite. »
Il a poursuivi : « Nous nous réunissons aujourd’hui pour un dialogue franc sur la réalité de la pêche maritime au Liban : fragmentation des compétences entre plusieurs autorités administratives, absence d’un cadre législatif protégeant la profession, faiblesse du système de formation professionnelle. C’est pourquoi la présence conjointe du ministère de l’Agriculture et du ministère des Travaux publics et des Transports revêt une signification profonde : la mer ne connaît pas les frontières administratives entre les ministères, et le pêcheur qui part à l’aube du port de Batroun ne demande qu’une chose : qui le protège ? Qui lui assure la dignité de vivre ? »
Il a ajouté : « En 2010, j’étais président de la coopérative des pêcheurs de poissons, et nous n’avons demandé à l’État qu’une seule chose : appliquer la loi. De cette phrase est née ma carrière au sein de la coopérative, qui s’est étendue sur neuf ans, et j’ai emporté ce principe avec moi vers MARSA TI. À MARSA TI, nous avons construit un système de formation maritime reconnu internationalement, et élaboré des études et des projets politiques visant à gouverner l’ensemble du secteur maritime. Notre conviction est que tout véritable réformes repose sur trois axes : une législation moderne, une formation professionnelle structurée et une collaboration institutionnelle sérieuse. »
Il a évoqué les données chiffrées « qui confirment l’ampleur de ce défi : le Liban compte aujourd’hui 3 715 embarcations de pêche employant environ 6 197 pêcheurs répartis sur 28 ports de pêche officiels, selon les dernières statistiques des présidences des ports. Bien que la loi sur la pêche maritime impose à chaque pêcheur professionnel d’être titulaire d’une carte personnelle et d’une licence renouvelable annuellement, elle ne prévoit aucun entraînement ni évaluation de compétence maritime pour l’obtenir ou la renouveler — une faille qu’il faut combler. Par exemple, connaître les règles de prévention des collisions en mer n’est pas un luxe, mais un impératif fondamental de sécurité pour tout navigateur, tout comme les premiers secours, les communications maritimes et la protection de l’environnement marin. Nous proposons, conformément aux principes de l’accord international STCW de l’Organisation maritime internationale, de lier progressivement le renouvellement de la licence de pêche à la réussite d’un stage fondamental dans ces domaines, avec un début d’application sur le terrain dans les ports les plus densément peuplés comme Tripoli, Beyrouth, Sidon et Sour, en partenariat entre le ministère de l’Agriculture, le ministère des Travaux publics et des Transports, MARSA TI et les coopératives. »
Il a salué les pêcheurs en disant : « Vous n’êtes pas aujourd’hui l’objet d’un débat, mais des partenaires actifs. Votre expérience quotidienne est la référence authentique pour toute politique, et vos coopératives sont le pont sur lequel s’édifiera toute réforme. L’Institut MARSA TI met à disposition son expertise et ses capacités de formation aux responsables, afin que nous soyons partie prenante de la solution, et non spectateurs du maintien du problème. »
Il a salué le ministre de l’Agriculture en déclarant : « Ce qui nous rassemble aujourd’hui à Batroun, c’est un engagement à redonner au pêcheur libanais sa place, non pas en victime d’un abandon chronique, mais en pilier fondamental de l’économie nationale et en gardien vigilant de nos côtes. Le Liban et son océan, nous les voyons comme une richesse stratégique qui mérite une politique d’État intégrée. »
Il a conclu : « Que cette rencontre soit le point de départ d’un parcours concret, et que Batroun devienne une lumière pour toute initiative sérieuse dans le domaine maritime au Liban. »
Une intervention a ensuite été prononcée par Bseiso, qui a salué les marins et pêcheurs du littoral de Batroun, remercié l’équipe de l’Institut MARSA TI pour l’organisation et l’accueil de la réunion, déclarant : « Vous êtes ici, au sein de l’Institut des sciences marines et de la technologie, cet institut qui forme les marins au Liban à tous les niveaux, et qui a atteint un niveau mondial, confirmé par l’Organisation maritime internationale, et toutes ses certifications sont reconnues internationalement. »
Il a poursuivi : « Nous sommes ici pour discuter des problèmes des pêcheurs et de leurs préoccupations concernant l’assurance, la retraite et la nouvelle loi de pêche qui offre des espaces plus larges et plus grands aux pêcheurs. En tant qu’État, sommes-nous prêts à les soutenir et à leur offrir des incitations pour améliorer leurs bateaux afin qu’ils puissent pêcher dans des zones maritimes couvrant 22 000 km² ? Sommes-nous capables de les protéger contre les grandes entreprises ? Le ministère collaborera et assurera des ressources pour l’un des secteurs maritimes, tandis que nos préoccupations et nos difficultés proviennent des lois et réglementations anciennes. »
Il a abordé « le sujet de l’explosion du port, notamment parce qu’il n’existe pas de loi encadrant la sécurité et la responsabilité dans les ports, ce qui fait partie de nos défis. Pour relever ce secteur et faire passer la flotte libanaise à 22 000 navires, le député Bassil et son groupe vont prendre ce sujet en charge au sein du Parlement. Il a également abordé la question de la démarcation maritime en soulignant que l’État libanais est prêt à agir dès la résolution des crises et la levée des sanctions imposées au pays. »
Quant à Lohoud, il a remercié le ministre de l’Agriculture pour son dévouement et son travail acharné, et remercié le député Bassil pour avoir sauvé la loi de pêche au sein du Parlement, permettant ainsi de lui donner suite après une légère modification, garantissant ainsi les droits des pêcheurs à bénéficier de la richesse halieutique.
Il a ajouté : « Le parquet a pris des mesures concernant les infractions à la pêche maritime, et les renseignements de l’armée ont mis en place une équipe de suivi avec le ministère pour surveiller ces infractions et protéger la richesse halieutique. Nous collaborons avec la direction générale des transports terrestres et maritimes pour organiser des formations pour les pêcheurs, et nous encourageons leur inscription au registre agricole, qui concerne les élevages de volailles, de bovins et de pêcheurs, en collaboration avec le directeur du centre agricole et l’Institut des sciences marines, afin de faciliter l’inscription. J’ai également souligné les efforts d’Assal en matière de prise en charge des pêcheurs. J’ai noté l’intérêt du député Bassil pour la loi de pêche et la manière dont il l’a sauvée — preuve évidente de son amour pour les pêcheurs, et j’espère que cette loi trouvera sa place au sein du Parlement, que leurs droits seront respectés et qu’ils pourront tirer profit de la richesse halieutique. »
Il a ajouté : « Le dossier de la richesse halieutique avec JCN et son représentant Chadi Mehna, directeur du développement rural, en collaboration avec l’Autorité générale de la pêche maritime en Méditerranée, a mené des expériences depuis la fontaine jusqu’au grand fleuve pendant quatre ans. Ces expériences ont été interrompues pendant la guerre de 2024, mais nous espérons les multiplier pour tirer profit de la richesse halieutique. J’ai remercié le ministre de l’Agriculture, qui accorde la priorité aux questions des pêcheurs. »
Dans son intervention, le ministre de l’Agriculture a affirmé que « la loi sur la pêche maritime représente une étape décisive dans le processus de modernisation des systèmes de pêche en Liban », insistant sur le fait que « son adoption contribue à soutenir les communautés côtières, conformément aux objectifs internationaux auxquels le Liban s’est engagé. »
Il a indiqué que « le Liban dispose d’un littoral riche en ressources naturelles, et que le secteur de la pêche maritime fournit une source de subsistance à des milliers de familles, mais que la situation actuelle impose une réflexion sérieuse pour traiter les défis existants. »
Il a rappelé que « le ministère œuvre à soutenir les pêcheurs et à renforcer leurs capacités », précisant qu’« une proposition de loi relative à la régulation de la pêche maritime et à l’aquaculture est en cours d’examen dans les commissions compétentes. Nous nous sommes engagés à l’adopter lors de la séance plénière du Conseil parlementaire, en raison de son importance pour la régulation du secteur, la protection de ses ressources et la garantie de sa durabilité. »
En conclusion, les participants ont écouté les problèmes et préoccupations des marins et des pêcheurs, et ont discuté de la nouvelle loi de pêche maritime et des aquacultures, qui représente une étape fondamentale pour organiser le secteur, protéger la richesse marine, préserver les droits des pêcheurs et améliorer leur condition de vie.
Une marque de reconnaissance a été offerte par les marins de Batroun au ministre Hani sous forme d’un cadeau symbolique extrait des profondeurs de la mer de Batroun.
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