Liban
Le Syndicat des enseignants a exprimé son regret face aux scènes de célébration dans certaines places de Beyrouth suite à la décision d'annuler les examens officiels, qualifiant cela de spectacle déplorable et humiliant pour l'éducation libanaise.

Le Syndicat des enseignants a exprimé son regret "face aux scènes de célébration observées dans certaines places de Beyrouth suite à la décision d'annuler les examens officiels, après qu'il a été impossible de les organiser pour les raisons annoncées par la ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, le docteur Rima Karamé, qui ont placé l'opinion publique devant une réalité éducative, administrative et sécuritaire qu'il est impossible d'ignorer", estimant qu'il s'agit d'"un spectacle déplorable et humiliant pour l'éducation libanaise et son histoire honorable, et pour l'ensemble du corps éducatif, enseignants, directeurs, administrateurs et tous ceux qui ont porté le message de l'école publique et privée au Liban pendant des décennies".
Le syndicat a estimé, dans un communiqué, que "ce spectacle ne peut être considéré comme un simple détail passager, mais qu'il est une expression dangereuse du niveau auquel le pouvoir politique a conduit le secteur de l'éducation au Liban". Il s'est interrogé : "Est-ce là l'image de l'élève libanais que nous voulons ? Est-ce là le modèle qui attend la décision d'annulation de l'examen pour descendre dans la rue en célébration ? Sont-ce là les mêmes élèves libanais qui ont toujours porté haut le nom du Liban dans les universités, les laboratoires et les institutions à travers le monde ?".
Il a ajouté : "Malheureusement, la réponse est non. Car l'image honorable que nous connaissions de l'élève libanais a été aujourd'hui défigurée par cette scène honteuse dans certaines places de Beyrouth, une scène qui ne reflète ni l'histoire de l'éducation au Liban, ni la valeur du diplôme officiel, ni le sens de l'accomplissement académique".
Tout en imputant au Conseil des ministres "l'entière responsabilité de ce à quoi les choses ont abouti", le syndicat a estimé que "ce qui s'est passé n'est pas simplement un échec dans la gestion du dossier des examens, mais le résultat d'une longue accumulation de politiques confuses, allant jusqu'à déformer la valeur du diplôme libanais dans la conscience des élèves et de l'opinion publique. Car parvenir au moment où l'annulation de l'examen devient une occasion de célébration est un avertissement grave sur l'ampleur de l'effondrement qu'a subi la vision de l'éducation et sur l'ampleur de la responsabilité incombant à ceux qui ont pris en charge ce dossier".
Le syndicat a renouvelé son appel à "redonner ses lettres de noblesse à l'école libanaise, aux examens officiels, à la valeur de l'effort et de l'accomplissement, loin du populisme, de l'improvisation et des appels qui ne construisent pas une nation et ne protègent pas un avenir".
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