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Interdire les dispositifs ultrasons contre les aboiements

Des experts vétérinaires déconseillent formellement les deterrents ultrasons contre les aboiements, en raison de risques avérés pour l’audition et la santé psychologique des chiens, et de leur inefficacité prouvée.

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Interdire les dispositifs ultrasons contre les aboiements
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Des groupes majeurs de comportement vétérinaire recommandent officiellement de ne pas utiliser les dispositifs ultrasons destinés à réprimer les aboiements. Ces appareils — clôtures, colliers ou unités autonomes — émettent une impulsion sonore aiguë, généralement comprise entre 24 et 25 kHz, à une intensité de 110 à 120 décibels : inaudible pour l’humain, mais parfaitement perçue par le chien. Un microphone détecte les aboiements et déclenche automatiquement le signal.

Or, aucun fabricant n’a produit d’étude scientifique attestant de la sécurité ou de l’efficacité de ces produits. Lorsqu’interrogés, les représentants commerciaux ont invoqué des arguments non probants — comme la simple présence des dispositifs sur des plateformes de vente en ligne — ou évoqué de façon imprécise des tests hypothétiques menés il y a plus de vingt ans. L’ASPCA, quant à elle, s’est publiquement opposée à leur usage. Aucune réglementation n’oblige les fabricants à démontrer préalablement la sûreté ou la performance de ces articles avant leur mise sur le marché.

Le principe de précaution s’applique donc pleinement. Deux types de dangers sont documentés. D’abord, le niveau sonore utilisé dépasse largement le seuil de 80 décibels à partir duquel des lésions auditives peuvent survenir chez le chien. Les notices d’utilisation elles-mêmes interdisent explicitement l’usage sur les chiots de moins d’un an et sur les chiens présentant une déficience auditive avérée. Ensuite, l’activation aléatoire du dispositif — déclenchée par le vent, le bruit de la circulation, les aboiements d’autres chiens ou même des voix humaines — expose l’animal à des stimuli aversifs imprévisibles. Cela entraîne une hyperactivation chronique du système nerveux, avec libération répétée de cortisol et d’adrénaline, et favorise le développement de troubles anxieux, de phobies, d’une inhibition de l’apprentissage, ainsi que d’une réactivité ou d’une agressivité accrues.

Ces dispositifs constituent une forme de punition positive, sans information sur le comportement souhaité. Toutes les grandes organisations vétérinaires spécialisées dans le comportement animal — notamment la Société américaine de médecine comportementale vétérinaire et l’Association vétérinaire australienne — rejettent catégoriquement cette approche. Elles soulignent que les méthodes fondées sur la punition augmentent de façon documentée la peur et l’agressivité, et qu’elles n’ont aucune place dans une éducation canine éthique et efficace.

L’aboiement est un comportement fonctionnel, dont les causes varient : alerte territoriale, peur, ennui, salutation ou jeu. Traiter toutes ces situations avec un stimulus indifférencié et non ciblé ne résout aucun de leurs déterminants. Le chien peut s’y habituer, s’agiter davantage ou perdre confiance dans son environnement. Aucun de ces résultats ne correspond à l’objectif poursuivi par les propriétaires responsables.

Sans données probantes de sécurité, avec des mécanismes de nuisance plausibles et multiples, et une efficacité démontrée comme faible ou nulle, ces dispositifs ne relèvent pas d’un simple doute marginal. Ils doivent être retirés de la liste des solutions envisagées par toute personne soucieuse du bien-être de son chien. Pour réduire les aboiements excessifs, la démarche éprouvée consiste à identifier leur cause précise, puis à renforcer positivement un comportement alternatif adapté. Ce n’est pas un compromis : c’est la seule méthode qui offre au chien une réponse concrète, plutôt qu’une simple exposition à la peur.

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