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Économie

Retraits de 1 milliard $ font chuter la Bourse d’Istanbul de 5 %

Des retraits massifs de 1 milliard de dollars de fonds d’investissement turcs ont fait chuter l’indice BIST-100 de plus de 5 %, exacerbant les tensions de liquidité et mettant à l’épreuve le programme de stabilité économique gouvernemental.

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Retraits de 1 milliard $ font chuter la Bourse d’Istanbul de 5 %
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Les actions turques ont subi une forte vague de ventes, entraînant une baisse supérieure à 5 % de l’indice principal de la Bourse d’Istanbul. Ce recul intervient après la transformation des inquiétudes concernant la liquidité dans le secteur des fonds d’investissement en un retrait massif de capitaux, un développement qui exerce une pression accrue sur les marchés turcs des capitaux et teste le programme de stabilité économique mené par le gouvernement.

Selon le Financial Times, des investisseurs particuliers ont retiré jusqu’à 1 milliard de dollars de fonds d’investissement turcs au cours de la séance du mercredi, selon les données de flux fournis par la plateforme FundTables. Cette sortie massive a suivi l’annonce par la société Bosola Portfolio de son incapacité à honorer certaines demandes de rachat dans certains de ses fonds.

L’indice BIST-100 a reculé de plus de 5 % mercredi, après une baisse de plus de 2 % lors de la séance précédente. Ces mouvements reflètent l’intensification des craintes selon lesquelles une crise de liquidité, initialement circonscrite à un seul gestionnaire d’actifs, pourrait s’étendre à l’ensemble du secteur des fonds d’investissement.

Bosola Portfolio, qui gérait environ 13 milliards de dollars fin août, avait annoncé mardi que certains de ses fonds monétaires et d’investissement ne pouvaient pas satisfaire les demandes de rachat. Cette déclaration a accru la pression sur les gestionnaires d’actifs pour mobiliser des liquidités, conduisant certains fonds à céder des titres, ce qui a accentué la baisse des cours et accéléré davantage les retraits.

Ce retournement s’explique, selon des analystes, par une stratégie adoptée par certains fonds turcs au cours des deux dernières années : la constitution de positions importantes dans des actions de sociétés liées ou affiliées, souvent caractérisées par une faible flottante. Ce fort concentrationnisme a fait grimper les cours de ces titres, augmentant ainsi la valeur nette des actifs des fonds qui les détenaient.

Face aux rendements exceptionnels réalisés par certains fonds, de nouveaux investissements ont afflué, fournissant une liquidité supplémentaire pour acquérir les mêmes titres ou des actions de sociétés connexes — une dynamique qui a renforcé la hausse des valorisations. Or, avec la montée des demandes de rachat, ce mécanisme s’est inversé : les fonds doivent désormais générer des liquidités, ce qui les contraint à vendre des actifs, tandis que la baisse des cours réduit la valeur des portefeuilles, incitant potentiellement davantage d’investisseurs à retirer leurs fonds.

Certains fonds gérés par Bosola ont enregistré des gains considérables durant les premiers mois de l’année : l’un d’eux a progressé de 164 %, un autre de 144 %, sur les sept premiers mois de 2026. Terra Portfolio, filiale du groupe Terra, a également obtenu des performances élevées sur certains de ses fonds, attirant des flux importants.

Pourtant, ces résultats remarquables se sont transformés en source de tension avec l’inversion des flux. Fin août, Bosola comptait environ 241 000 comptes d’investissement, tandis que le groupe Terra en dépassait 500 000. Ensemble, les deux sociétés géraient près de 27 milliards de dollars.

En juin, la société MSCI a attiré l’attention internationale sur les risques liés à ces pratiques, signalant des cas récurrents suspects de transactions coordonnées impliquant des fonds liés à des sociétés cotées de petite taille. MSCI a prévenu qu’elle pourrait entamer des consultations sur le statut de la Turquie dans ses indices si des progrès tangibles et vérifiables n’étaient pas accomplis d’ici sa revue programmée en novembre — une procédure susceptible de conduire à une dégradation du classement du marché turc, passant de « marché émergent » à « marché frontalier ».

À la fin août, l’Autorité turque des marchés financiers a renforcé ses règles, obligeant les fonds à réduire leurs positions concentrées sur certains titres. Or, cette application réglementaire est intervenue alors que les demandes de rachat commençaient à augmenter, précipitant les ventes et forçant certains fonds à réaliser des pertes antérieurement virtuelles.

Le ministre turc des Finances et du Trésor, Mehmet Şimşek, a indiqué que le secteur financier non bancaire nécessite un encadrement et une surveillance renforcés, alors que les autorités cherchent à maîtriser les turbulences du marché boursier sans nuire à la confiance des investisseurs.

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