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Un accord politique discret entre le Premier ministre Ali Al-Zaidi et le leader Moqtada Al-Sadr fixe un délai de 90 jours pour que le gouvernement impose son autorité et lutte contre la corruption.

Un compromis politique informel semble se dessiner entre Moqtada Al-Sadr, chef du courant national chiite, et Ali Al-Zaidi, Premier ministre irakien, prévoyant une période de 90 jours pour que le gouvernement démontre sa capacité à affirmer l’autorité de l’État et à combattre la corruption. Cette initiative intervient alors que l’Irak subit des pressions internes et externes croissantes concernant la gestion des armes non contrôlées et ses relations internationales.
Un responsable du courant national chiite, qui a souhaité garder l’anonymat, a indiqué à "Irm News" que la récente visite d’Al-Zaidi à Najaf et sa rencontre avec Al-Sadr n’étaient pas de simples formalités protocolaires. Ces échanges ont suivi une série de discussions confidentielles portant sur l’avenir de l’Irak et les défis politiques et sécuritaires à venir.
Selon ce responsable, "Al-Sadr a accordé une véritable opportunité au gouvernement pour prouver son efficacité dans la lutte contre la corruption et la centralisation des armes entre les mains de l’État". Il a précisé que le leader suit de près les mesures prises dans ces domaines, ajoutant que les trois prochains mois seront déterminants pour définir la nature de leur relation et l’avenir de cet accord tacite.
Il a aussi souligné que si le gouvernement parvient à réaliser des avancées concrètes durant cette période, cela renforcera la stabilité et ouvrira la voie à des réformes plus larges, tandis qu’un échec conduirait à une réévaluation complète de la situation politique.
Ce rapprochement survient peu après la formation du nouveau gouvernement et coïncide avec la décision d’Al-Sadr d’intégrer "Saraya al-Salam" à l’État, rompant ainsi son lien organisationnel avec le courant national chiite. Cette initiative est perçue par des observateurs comme un message politique dépassant le cadre organisationnel, reflétant une volonté de rééquilibrer les forces au sein du camp chiite et de relancer le débat sur l’avenir des factions armées en Irak.
Les premiers signes concrets de cette dynamique se manifestent notamment par les actions gouvernementales dans le dossier anticorruption, comme l’arrestation d’un haut responsable pétrolier suspecté de corruption. Cette démarche vise à montrer une volonté sérieuse différente des tentatives antérieures, souvent critiquées pour leur lenteur ou leur portée limitée.
Parallèlement, des évolutions politiques importantes se dessinent dans la gestion des armes. L’alliance de coordination chiite a exprimé son soutien à la centralisation des armes sous l’autorité de l’État et à la dissociation de la Mobilisation populaire (Hashd al-Shaabi) des cadres politiques, sociaux et partisans. Elle a également donné mandat au Premier ministre pour prendre les mesures nécessaires à la protection des intérêts supérieurs du pays.
Ce positionnement représente, selon des analystes, un tournant majeur dans l’approche des forces chiites traditionnelles face à l’un des dossiers les plus sensibles en Irak, surtout dans un contexte de pressions internationales accrues pour que Bagdad affirme pleinement son contrôle sur les décisions sécuritaires et militaires.
Des observateurs estiment que le gouvernement d’Al-Zaidi cherche à capitaliser sur l’impulsion créée par la démarche d’Al-Sadr, d’autant que la question des factions armées occupe désormais une place prioritaire sur l’agenda international, notamment après des accusations visant certaines factions impliquées dans des attaques lancées depuis le territoire irakien lors du dernier conflit iranien.
Le politologue Mohamed Al-Tamimi considère que ce rapprochement entre Al-Sadr et Al-Zaidi ne constitue pas un véritable alliance politique ni un retour du courant sadristes à la politique traditionnelle.
Il a déclaré à "Irm News" que "Al-Sadr cherche à se positionner comme le garant du projet étatique depuis l’extérieur du pouvoir, tout en offrant au gouvernement une période limitée pour tester sa capacité à tenir ses promesses sur la corruption, les armes et les services".
Al-Tamimi a ajouté que le soutien d’Al-Sadr reste conditionné aux résultats obtenus, précisant que si le gouvernement ne progresse pas de manière tangible dans les mois à venir, il est probable que le leader retourne à une posture d’opposition et de pression populaire.
Selon lui, l’idée d’un délai non officiel d’environ 90 jours paraît cohérente avec les messages récents, Al-Sadr étant conscient qu’un appui illimité risquerait de le rendre responsable en cas d’échec, préférant ainsi rester dans un rôle d’observateur et de soutien conditionnel.
Ces évolutions interviennent alors que les pressions américaines et occidentales sur Bagdad s’intensifient, avec des fuites politiques évoquant des exigences d’éloignement des factions armées des institutions exécutives. Le maintien de la coopération internationale avec l’Irak serait lié à la réussite du gouvernement à renforcer l’autorité de l’État et à réduire l’influence des groupes armés.
Dans ce contexte, les trois mois à venir représentent un véritable test pour le cabinet d’Al-Zaidi, non seulement face aux forces politiques irakiennes, mais aussi devant l’opinion publique qui attend depuis longtemps des réformes concrètes et un changement effectif sur le terrain.



