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L'Iran, soutenu par la Russie, met en place une stratégie militaire régionale pour exploiter les détroits de Hormuz et Bab el-Mandeb si les négociations avec Washington échouent.

Des sources sécuritaires à Tel Aviv ont révélé un plan révisé des préparatifs du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) à l’échelle régionale, en cas d’échec des négociations en cours entre Washington et Téhéran, après la signature d’un mémorandum d’entente.
Selon la chaîne israélienne 14, cette stratégie repose sur trois piliers : un financement russe, la gestion assurée par la Force Qods dirigée par Esmaïl Qaani, et l’armement des Houthis, transformant ainsi cette alliance en une « arme du Jour du Jugement » détenue par l’Iran. Cette arme servirait d’outil de pression mondial contre la communauté internationale, d’après les termes de la chaîne.
Le CGRI ambitionne, dans ce cadre, de transformer les deux détroits stratégiques que sont celui d’Hormuz et celui de Bab el-Mandeb en un levier économique puissant contrôlé par Téhéran. Ce levier permettrait d’exercer des pressions sur les États-Unis et le reste du monde en perturbant la circulation du commerce mondial.
La chaîne précise que le commandant du CGRI, Ahmad Vahidi, et le chef de la Force Qods, Esmaïl Qaani, supervisent, en coordination avec la Russie, l’activation de ce plan qui serait déclenché immédiatement en cas d’échec des négociations iraniennes avec les États-Unis.
La participation russe dans ce dossier est expliquée par son statut de principal utilisateur du passage maritime via Bab el-Mandeb suite aux sanctions européennes. Cette réalité a conduit les Iraniens à s’appuyer sur Moscou pour assurer le financement maximal de cette stratégie.
Le responsable des relations avec la Russie pour le CGRI dans ce cadre est Kamaleddine Nabi Zadeh, un homme d’affaires et ancien diplomate d’origine afghane. Son nom est associé à des réseaux de financement internationaux opaques ainsi qu’à de lourds soupçons de corruption financière liés au CGRI.
Les rapports indiquent que Nabi Zadeh est chargé par les autorités de Téhéran de transférer les fonds reçus de Russie à la Force Qods sous la direction de Qaani, qui les redistribue ensuite aux Houthis au Yémen, sous forme d’argent liquide ou d’armements, selon des sources à Tel Aviv.
La chaîne souligne que les responsables iraniens impliqués dans la mise en œuvre de ce plan sont les mêmes hauts fonctionnaires liés à un scandale de corruption révélé il y a quelques mois par la chaîne 14, impliquant le détournement d’environ 700 millions de dollars des caisses du CGRI.
Malgré ce détournement, Qaani et Nabi Zadeh ont été maintenus à leurs postes au sein du CGRI, ce qui suggère que l’institution de sécurité iranienne mise sur leurs capacités à collecter des fonds à l’étranger pour atténuer la grave crise financière que traverse le régime.
La divulgation de ce plan coïncide avec des annonces d’observateurs signalant l’échec ou le recul de l’Iran concernant l’idée d’imposer des droits de passage, tout en plaçant le détroit d’Hormuz au cœur des négociations comme une carte de pression. Ils estiment que la situation actuelle marque une évolution du problème du détroit, passant d’une crise de fermeture à un processus de gouvernance.
Le président américain Donald Trump avait déclaré que l’Iran avait assuré aux États-Unis qu’aucun droit de passage ne serait imposé sur le détroit d’Hormuz, avertissant toutefois que les négociations prendraient fin immédiatement si cette information s’avérait fausse.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a également affirmé que les États-Unis ne toléreraient pas l’instauration de droits de passage par l’Iran dans le détroit, rappelant que ce passage est une voie internationale qui n’appartient à aucun pays.
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