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Irak achète de l’électricité au Kurdistan face à un déficit énergétique historique

Pour faire face à une demande estivale record, l’Irak importe de l’électricité du Kurdistan, révélant un déficit énergétique de 30 000 mégawatts.

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Irak achète de l’électricité au Kurdistan face à un déficit énergétique historique
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À l’approche de l’été, avec des températures dépassant parfois 50 degrés Celsius dans plusieurs provinces irakiennes, le gouvernement d’Ali Al-Zaidi a modifié sa stratégie énergétique en cherchant des solutions rapides pour réduire les coupures d’électricité. Il a ainsi opté pour une mesure autrefois exceptionnelle : l’achat d’électricité auprès de la région du Kurdistan.

Beyrouth a commencé à importer de l’électricité du Kurdistan afin d’alimenter les provinces de Kirkouk, Ninive, Salah al-Din et Diyala. Cette décision illustre les difficultés majeures rencontrées par le secteur énergétique irakien, malgré les vastes réserves pétrolières du pays et les milliards de dollars investis dans ce secteur au cours des vingt dernières années.

La demande en électricité pour l’été 2026 est estimée par le ministère de l’Électricité à environ 60 000 mégawatts, alors que la production cible ne dépasse pas 30 000 mégawatts. Cela crée un déficit pouvant atteindre 30 000 mégawatts, l’un des plus importants de la région.

Les données officielles indiquent qu’au cours des dernières semaines, la production réelle s’est limitée à 27 000 mégawatts, en raison notamment d’une réduction d’environ 50 % des livraisons de gaz iranien, passant de 50 millions à près de 25 millions de mètres cubes par jour.

Le chercheur en économie Haider Al-Sheikh a expliqué que le recours de Bagdad à l’achat d’électricité auprès du Kurdistan montre que la crise énergétique ne résulte plus uniquement d’un problème de production, mais aussi d’une mauvaise gestion du secteur électrique.

Selon lui, bien que la région du Kurdistan ne dispose ni de champs gaziers ni de ressources financières supérieures à celles du gouvernement fédéral, elle a réussi ces dernières années à réduire les pertes, à étendre l’usage des compteurs intelligents et à améliorer la collecte des paiements, ce qui a généré un surplus électrique pouvant être vendu à Bagdad.

Haider Al-Sheikh a ajouté que cette importation constitue une solution temporaire pour surmonter la crise estivale, mais ne traite pas les causes profondes, puisque le déficit actuel avoisine 30 000 mégawatts, alors que les quantités importées restent limitées par rapport aux besoins réels.

Il a souligné que le véritable succès passerait par l’exploitation du gaz local, la réduction des pertes dans les réseaux de transport et de distribution, ainsi que la généralisation des compteurs intelligents, des mesures susceptibles de récupérer plusieurs milliers de mégawatts chaque année.

Actuellement, Kirkouk reçoit environ 400 mégawatts via les lignes de raccordement en provenance d’Erbil et Souleimaniyeh, tandis que Ninive bénéficie de 300 mégawatts. De plus, 120 mégawatts ont été réinjectés dans la province de Diyala après la remise en service des lignes de transport, ce qui a contribué à augmenter les heures de fourniture et à stabiliser le réseau dans ces régions.

Des spécialistes attribuent le succès du Kurdistan à l’application des compteurs intelligents, à la réduction des pertes et à l’amélioration de la collecte, ce qui a permis de dégager un excédent électrique destiné au réseau fédéral. En revanche, la plupart des villes irakiennes subissent encore des pertes dépassant parfois un tiers de la production.

Un responsable gouvernemental, qui a souhaité garder l’anonymat, a révélé que la récente visite du président du gouvernement régional du Kurdistan, Masrour Barzani, à Bagdad a été l’occasion de présenter aux autorités fédérales le projet « Ronaki », visant à assurer une fourniture électrique continue de 24 heures.

Le même responsable a précisé que la délégation kurde a exposé les détails du projet, les technologies des compteurs intelligents, les méthodes de réduction des pertes et d’amélioration de la collecte, ainsi que la possibilité de recourir aux entreprises et expertises ayant réalisé ce projet dans la région.

Le Premier ministre Ali Al-Zaidi a manifesté une ouverture initiale pour étudier cette expérience et en tirer parti dans le cadre des plans de réforme du secteur électrique. Toutefois, certaines forces politiques ont exprimé des réserves en raison de différends avec les dirigeants du Kurdistan. Les discussions restent en cours sans décision définitive.

L’Irak fait face à un double défi : une demande énergétique en hausse liée aux vagues de chaleur répétées, et une dépendance persistante au gaz importé pour alimenter une partie importante des centrales électriques, malgré d’importantes réserves gazières locales dont une part significative est encore gaspillée ou sous-exploitée.

Si l’électricité fournie par le Kurdistan constitue une réponse rapide pour alléger la pression sur le réseau durant cet été, elle ne représente qu’un palliatif provisoire à une crise plus profonde liée à la production, au combustible, aux pertes, à la collecte et à l’investissement. Ces enjeux détermineront si l’Irak pourra un jour atteindre l’autosuffisance énergétique ou devra continuer à importer de l’électricité dès que les températures s’élèveront.

Enfin, une coupure d’électricité récente a été attribuée à une baisse soudaine des approvisionnements en gaz, aggravant la situation du réseau électrique irakien.

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