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La Force aérienne américaine déploie le drone ULTRA Turbo à longue endurance au Moyen-Orient
La Force aérienne américaine prépare un déploiement opérationnel du drone ULTRA Turbo, une version améliorée à moteur turbocompressé, pour renforcer la surveillance au Moyen-Orient.

La Force aérienne des États-Unis prévoit d’envoyer une version améliorée de son drone de surveillance ULTRA, de type planeur, au Moyen-Orient pour des tests opérationnels. Cette nouvelle variante plus rapide et capable de voler à plus haute altitude sera intégrée à l’un des conflits les plus intensifs en matière de surveillance.
Appelé ULTRA Turbo, ce modèle de l’Unmanned Long-endurance Tactical Reconnaissance Aircraft conserve l’atout principal de la plateforme, à savoir une endurance de plusieurs jours en vol, tout en ajoutant un moteur turbocompressé.
Selon des documents budgétaires de l’US Air Force cités par The War Zone, l’appareil fera l’objet d’une évaluation opérationnelle dans la zone de responsabilité du Commandement central américain (CENTCOM). Cette étape marque la progression vers une évaluation opérationnelle plus large. Les essais débuteront lors de l’exercice fiscal 2026 et se poursuivront en 2027 avec des améliorations supplémentaires des capacités.
Cette initiative répond à une demande croissante pour une couverture persistante en matière de renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR) au Moyen-Orient, notamment en lien avec les opérations impliquant l’Iran et les missions de surveillance maritime en cours.
Plus rapide, plus haut, et toujours conçu pour l’endurance
Développée par DZYNE Technologies et l’AFRL, la famille ULTRA vise à proposer une plateforme ISR à longue endurance à moindre coût. Contrairement aux drones militaires classiques, cet appareil s’inspire d’un planeur sportif commercial, ce qui lui confère un profil d’aile longue optimisé pour l’endurance.
La version de base du ULTRA peut rester en vol plus de 70 heures, atteindre une altitude de 25 000 pieds et transporter une charge utile d’environ 450 livres. Le ULTRA Turbo, quant à lui, sacrifie un peu d’endurance pour offrir de meilleures performances : plus de 60 heures de vol, une vitesse maximale de 120 nœuds et un plafond opérationnel de 30 000 pieds.
Son moteur est un piston turbocompressé Rotax 916. DZYNE indique que cette motorisation améliore les performances au-delà de 25 000 pieds tout en renforçant la résistance aux conditions météorologiques et la flexibilité opérationnelle. Plus tôt cette année, la société a annoncé que le ULTRA Turbo avait accompli un vol de 60 heures représentatif d’une mission à 25 000 pieds et 100 nœuds de vitesse vraie.
Le constructeur précise également que l’appareil peut soutenir des missions ISR, des opérations de guerre électronique, la transmission de communications, voire le lancement de charges utiles d’effets.
Combler le vide entre les systèmes ISR haut de gamme
Le Moyen-Orient n’est pas une région nouvelle pour le ULTRA. Des évaluations opérationnelles antérieures ont eu lieu en 2024, avec des indications selon lesquelles le drone a opéré depuis la base aérienne d’Al Dhafra aux Émirats arabes unis et effectué des missions jusqu’en direction de l’Afghanistan. Ces missions complétaient celles des MQ-9 Reaper, qui bénéficient de moins de temps sur zone après de longs trajets.
La Force aérienne semble de plus en plus intéressée par des plateformes situées entre les actifs stratégiques coûteux et les drones tactiques plus vulnérables. Les MQ-9 Reaper restent très utilisés dans la région mais ont subi plusieurs pertes lors de récents conflits. Par ailleurs, des systèmes très avancés comme le supposé RQ-180 appartiennent à une catégorie différente en termes de coût et de capacités.
Le ULTRA vise à occuper ce créneau intermédiaire, offrant une ISR persistante à coût réduit. Pour l’exercice fiscal 2027, l’US Air Force sollicite un budget de 16,57 millions de dollars pour poursuivre le développement du ULTRA.
Ce programme s’inscrit également dans un débat fréquent au sein de l’US Air Force concernant le remplacement éventuel du MQ-9 par des systèmes moins coûteux, plus faciles à produire et pouvant être déployés en plus grand nombre. Bien que le ULTRA reste relativement modeste, son retour au Moyen-Orient témoigne de l’intérêt porté par la Force aérienne à des plateformes de surveillance longue endurance capables de rester plusieurs jours au-dessus des zones ciblées.
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