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Le Canada lance la plus grande commande militaire de son histoire pour moderniser son armée

Le Canada accélère sa modernisation militaire avec l'achat prévu de 12 sous-marins et un budget de 60 milliards de dollars sur cinq ans.

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Le Canada lance la plus grande commande militaire de son histoire pour moderniser son armée
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Le Canada intensifie ses efforts pour renforcer son armée, longtemps perçue comme un maillon faible de l'OTAN, en lançant la plus importante commande militaire de son histoire, selon un rapport publié mardi par le Wall Street Journal.

Le pays a atteint en 2025 l'objectif fixé par l'OTAN de consacrer 2 % de son produit intérieur brut (PIB) aux dépenses militaires, et ce, avant la date prévue. Le taux de recrutement dans les forces armées canadiennes a atteint son plus haut niveau depuis trente ans, tandis que le gouvernement investit plusieurs milliards de dollars dans de nouveaux équipements.

Lundi, Ottawa a annoncé son intention d'acquérir jusqu'à douze nouveaux sous-marins dans le cadre d'une vaste opération de modernisation de sa flotte vieillissante. Le Premier ministre Mark Carney a déclaré à la veille du sommet de l'OTAN : « Dans un monde plus dangereux et divisé, le Canada doit redoubler d'efforts pour se défendre, protéger sa souveraineté et soutenir ses alliés. »

Cette annonce s'inscrit dans le cadre de négociations engagées avec un consortium germano-norvégien dirigé par la société ThyssenKrupp Marine Systems, marquant ainsi la plus grande transaction militaire jamais conclue par le Canada.

Mark Carney a souligné que les hypothèses qui ont guidé la politique de défense et étrangère du pays pendant des décennies ont été profondément bouleversées, évoquant un retour brutal de l'histoire.

Ce virage est notable pour un membre fondateur de l'OTAN qui a longtemps été critiqué par plusieurs présidents américains et autres alliés pour ne pas avoir assumé pleinement ses responsabilités au sein de l'alliance.

Récemment, les forces armées canadiennes ont averti qu'elles ne pouvaient pas simultanément diriger un groupe de combat de l'OTAN et répondre à d'autres crises, ce qui a conduit à la suspension de toutes les activités non essentielles en raison d'une pénurie sévère de personnel.

Cette montée en puissance intervient dans un contexte de tensions commerciales et géopolitiques avec l'administration Trump. L'an dernier, Carney avait déclaré que l'idée longtemps répandue selon laquelle la géographie du Canada lui assurait une protection était devenue obsolète.

Il a également pointé le manque d'investissements dans la préparation militaire, qui a rendu le pays vulnérable aux pressions des États-Unis, accusés d'exploiter leur domination pour imposer des tarifs douaniers et réduire leur contribution à la sécurité collective.

Depuis sa prise de fonction l'année dernière, Carney s'est engagé à augmenter les dépenses militaires à un niveau jamais atteint depuis plus d'un demi-siècle, selon le journal.

Ce changement radical contraste avec la politique de son prédécesseur Justin Trudeau, qui qualifiait l'objectif de dépenses fixé par l'OTAN de « simple calcul mathématique » ne garantissant pas automatiquement une meilleure sécurité, et avait annoncé que le Canada ne respecterait pas ce seuil avant 2032.

Actuellement, le Canada satisfait la norme de l'OTAN de 2 % du PIB consacré à la défense, mais il s'est engagé à atteindre un nouvel objectif de 5 % d'ici 2035.

Dans ce cadre, les salaires des militaires ont été revalorisés et une nouvelle agence d'investissement dans la défense a été créée l'an dernier pour accélérer les acquisitions.

Le budget 2025 prévoit un engagement de 60 milliards de dollars sur cinq ans pour reconstruire les forces armées. Cette année, le gouvernement a dévoilé une stratégie industrielle visant à attribuer davantage de contrats aux entreprises locales, à accroître de 50 % les exportations militaires canadiennes et à diversifier ses fournisseurs hors des États-Unis.

Le Canada est ainsi devenu cette année le premier pays non européen à rejoindre l'accord européen sur les achats de défense, entamant des négociations avec la société suédoise Saab pour acquérir des avions de surveillance destinés à la région de l'Arctique, délaissant ainsi les fournisseurs américains.

Le mois dernier, Ottawa a également signé un accord avec l'Australie pour l'achat d'un système radar « Over-the-Horizon » d'une valeur de 1,76 milliard de dollars, également destiné à la surveillance de l'Arctique.

Malgré le respect du seuil minimal de dépenses militaires de l'OTAN en 2025, le Canada reste en retrait par rapport à plusieurs alliés. Seules quelques nations parmi les 32 membres de l'alliance dépensent moins que lui.

En mai, Elbridge Colby, sous-secrétaire américain à la Défense chargé des politiques, a critiqué le Canada pour son manque de progrès concret dans ses engagements militaires. Il a annoncé la suspension de la participation des États-Unis au conseil de défense conjoint établi avec le Canada en 1940.

Dans le cadre des tensions croissantes autour de l'Arctique, le Canada a choisi un consortium germano-norvégien pour construire une nouvelle flotte de sous-marins, une décision que des médias américains ont interprétée comme une volonté de Mark Carney de réduire la dépendance militaire et économique envers les États-Unis, selon le New York Times.

Le contrat prévoit la construction de douze sous-marins diesel-électriques de type 212CD, après une compétition avec la société sud-coréenne Hanwha Ocean, qui avait également soumis une offre.

Le consortium gagnant est dirigé par ThyssenKrupp Marine Systems, en coopération avec les gouvernements allemand et norvégien. Ces sous-marins sont déjà commandés par les marines allemande et norvégienne, bien qu'ils ne soient pas encore opérationnels.

Le Canada entend remplacer sa flotte actuelle, composée de quatre sous-marins achetés d'occasion au Royaume-Uni en 1998. Seul un exemplaire reste en état de fonctionnement, ce qui a conduit la marine canadienne à prioriser la modernisation de sa flotte.

Les évaluations techniques ont montré que les offres européenne et sud-coréenne étaient comparables en termes de capacités, mais Ottawa a préféré le calendrier de livraison proposé par le consortium européen.

Ces sous-marins seront principalement déployés pour des patrouilles dans l'Arctique, où le Canada cherche à renforcer sa présence face à la concurrence croissante des grandes puissances, notamment la Russie, les États-Unis et la Chine.

Mark Carney a également commenté la relation « anormale » actuelle avec Washington, sans autre précision.

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