Monde
Le Parlement autrichien débat un projet de loi contre les Frères musulmans
La commission constitutionnelle du Conseil national autrichien a examiné mercredi un projet de résolution du Parti de la liberté visant à interdire l’islam politique et les Frères musulmans, tandis que le gouvernement prépare un projet de loi similaire initié par le chancelier Christian Stocker.

La commission constitutionnelle du Conseil national, chambre basse du Parlement autrichien, a débattu mercredi d’un projet de résolution présenté par le Parti de la liberté, principale formation d’opposition. Ce texte vise à interdire l’islam politique, notamment l’organisation des Frères musulmans.
Le projet propose d’interdire toute activité liée à « l’islam politique » ou à ses objectifs, de dissoudre les organisations qui en relèvent, et de retirer la nationalité autrichienne aux personnes appartenant à une entité affiliée à l’islam politique ou la soutenant activement. Les députés Markus Tschank, Christian Schandl et Michael Schilcher, auteurs de la proposition, souhaitent également la confiscation des avoirs détenus par ces organisations.
Devant la commission, Michael Schilcher a souligné qu’un cadre juridique d’interdiction faciliterait l’identification du nombre d’actes commis en Autriche sous couvert d’extrémisme. La commission devra remettre un rapport au Parlement sur ce projet, qui n’a pas de caractère contraignant pour le gouvernement.
Le Parti populaire autrichien, actuellement au pouvoir, a récemment annoncé qu’il travaillait à l’élaboration d’un projet de loi destiné à interdire l’islam politique et les Frères musulmans, qu’il présentera prochainement au Parlement. Cette initiative émane du chancelier Christian Stocker, après la découverte d’une structure liée aux Frères musulmans opérant sous la bannière de la lutte contre l’extrémisme et collaborant avec le ministère de la Justice dans plusieurs projets communs.
Il s’agit de l’organisation « Drid », dont les services de renseignement autrichiens ont établi les liens avec les Frères musulmans à l’issue d’un contrôle de sécurité lancé en juin dernier.
Quelques jours plus tôt, Sylvia Mayer, chef du Service fédéral de protection de la Constitution — les services de renseignement intérieurs —, avait mis en garde contre une stratégie des Frères musulmans visant à créer des communautés parallèles. Elle a appelé à renforcer les lois régissant les associations ainsi que le code pénal pour contrer cette menace.
Dans des déclarations à la presse, elle a estimé que « l’extrémisme issu de l’islam politique constitue l’un des plus graves dangers pour la sécurité publique et la démocratie ». Elle a précisé : « Il ne s’agit pas uniquement de l’organisation des Frères musulmans, mais aussi de l’idéologie qui la sous-tend. La situation est comparable à celle de l’extrémisme de droite : plus cette idéologie se diffuse au sein de la population, plus les principes libéraux et démocratiques s’érodent. »
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