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Le Pentagone a informé ses alliés de l'OTAN d'un plan de réduction significative des forces et capacités militaires engagées par les États-Unis en cas de crise, suscitant des inquiétudes au sein de l'Alliance.

Le journal "Wall Street Journal" a rapporté mercredi, citant des responsables, que le Pentagone a informé ses alliés de l'OTAN d'un plan de réduction significative des forces et capacités militaires que les États-Unis s'engagent à déployer en cas de crise, une décision qui reflète un changement dans les priorités de déploiement militaire américain.
Les réductions prévues incluent la diminution d'actifs stratégiques clés tels que les bombardiers à longue portée, les avions et le soutien naval, suscitant des inquiétudes au sein de l'Alliance quant au niveau de l'engagement américain en faveur de la sécurité de l'Europe dans la période à venir.
Le journal a cité des responsables actuels et anciens informés selon lesquels Alexander Velez Green, un responsable du ministère américain de la Défense, a informé les alliés de l'OTAN des réductions prévues lors d'une réunion à huis clos tenue la semaine dernière au siège de l'Alliance à Bruxelles, la capitale belge.
Selon les responsables, l'administration Trump cherche à réduire d'un tiers à la moitié la taille de l'ensemble des capacités militaires que les États-Unis allouent à l'OTAN en cas de conflit, y compris la réduction des engagements relatifs aux bombardiers stratégiques, aux forces de frappe à longue portée, ainsi qu'à certains actifs navals et avions ravitailleurs.
Cette décision intervient avant le sommet des dirigeants de l'OTAN à Ankara, en Turquie, en juillet. Trump devrait assister à la réunion et faire pression sur les autres dirigeants alliés pour qu'ils assument davantage de responsabilités dans la défense de l'Europe.
Cela fait suite à d'autres mouvements du Pentagone visant à réduire la présence militaire américaine en Europe, que le ministère de la Défense a jugés nécessaires pour permettre aux États-Unis de redéployer davantage de forces vers le Pacifique, où Washington cherche à dissuader la puissance militaire croissante de la Chine.
Le Pentagone a retiré une brigade de l'armée de Roumanie l'année dernière et a annulé le déploiement d'une brigade blindée en Pologne au début du mois. Après des craintes croissantes que cette annulation ne pénalise un allié idéal qui consacre 5 % de son PIB à l'armée — une tendance de dépenses encouragée par Trump — ce dernier a annoncé l'envoi de 5 000 soldats américains supplémentaires en Pologne. Il n'a pas précisé s'ils viendraient d'autres pays européens, ni s'il était prêt à redéployer les forces suspendues.
L'ampleur et la rapidité des réductions américaines ont inquiété certains législateurs américains, qui craignent que l'administration ne sape l'engagement américain envers l'OTAN à un moment où les forces du président russe Vladimir Poutine constituent toujours une menace et où les alliés européens peinent encore à combler les lacunes.
Trump a lancé une attaque virulente contre l'OTAN au cours de son second mandat, accusant certains alliés européens de ne pas soutenir la campagne militaire américaine contre Téhéran. Il a particulièrement ciblé l'Allemagne, qui accueille le plus grand nombre de troupes américaines en Europe, dans le contexte des critiques du chancelier allemand Friedrich Merz à l'encontre des États-Unis pour leur manque de stratégie efficace dans leur guerre contre l'Iran.
Les réductions annoncées par Velez-Green à l'OTAN concernent l'ensemble des forces que les États-Unis ont allouées à la défense de l'Alliance en cas de crise. Ce modèle est connu sous le nom de "Modèle de force de l'OTAN", qui définit les forces et ressources que les pays fourniront au cours des dix premiers jours, des trente premiers jours et des cent quatre-vingts premiers jours d'un conflit ou d'une crise.



