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Des négociations discrètes ont repris entre le gouvernement d’unité provisoire et le dispositif de dissuasion dirigé par Abderrahouf Karrar, dans un contexte de tensions croissantes à l’ouest de la Libye, notamment après des combats à Az-Zawiya et à Al-Surman.

Les récentes tensions sécuritaires dans l’ouest de la Libye ont relancé les échanges entre le gouvernement d’unité provisoire et le dispositif de dissuasion placé sous le commandement d’Abderrahouf Karrar. Le Conseil présidentiel s’est également impliqué, cherchant à intégrer ce groupe armé puissant au sein de ses structures internes.
Parallèlement à la reprise des affrontements entre groupes armés à Az-Zawiya et à Al-Surman, et à la fin du mouvement populaire mené par les habitants de Souk El-Jouma — zone contrôlée par le dispositif de dissuasion —, des sources libyennes informées ont révélé à Erma News les discussions secrètes en cours avec les autorités de Tripoli pour restaurer la stabilité dans la région.
Après l’échec, l’an dernier, de la tentative d’intégrer les principaux groupes armés sous l’autorité du gouvernement dirigé par Abdelhamid Dbeibeh à Tripoli, le dispositif de dissuasion a quitté ses positions centrales dans la capitale. Il s’est replié autour de Souk El-Jouma et de l’aéroport de Mitiga, où se trouve son camp principal, malgré plusieurs mises en garde lancées l’année dernière lui demandant de se rendre ou de se retirer.
Une source confirme que le dispositif maintient toujours ses positions défensives à l’entrée de l’aéroport, avec des dizaines de soldats déployés aux points de contrôle.
Les autorités libyennes cherchent à renouer le dialogue avec Karrar afin de faire face au mécontentement populaire grandissant, notamment lié à la crise persistante de l’électricité, qui alimente des revendications visant à renverser son gouvernement.
Ces négociations ont permis de mettre fin aux protestations menées par les habitants de Souk El-Jouma et de Tajoura, déclenchées par les coupures répétées de courant. Dans un communiqué, le mouvement a précisé que la décision prise dimanche d’ouvrir les barrages routiers résultait d’une réunion et de consultations avec plusieurs responsables de la capitale, au cours desquelles les participants ont privilégié « la voix de la raison et de la sagesse », conduisant à l’ordre de lever les barricades.
Toutefois, le Conseil social de Souk El-Jouma a accusé les quatre quartiers de « vendre la cause de la lutte », ce qui a entraîné une réponse officielle publiée mardi. Le conseil y rejette catégoriquement les campagnes de dénigrement et les rumeurs ciblant ses membres, ainsi que les tentatives d’accuser ces derniers de trahison ou de corruption.
Dans ce cadre, le Conseil présidentiel est intervenu directement : lors d’une rencontre entre le chef de la sécurité générale, Abdelhakim Al-Tarabulsi, et le président du Conseil présidentiel libyen, Mohamed Al-Menfi, un projet a été présenté visant à intégrer le dispositif de dissuasion au ministère de l’Intérieur, actuellement dirigé par le frère d’Al-Tarabulsi, Emad Al-Tarabulsi. L’objectif déclaré est de « réunifier la supervision des institutions sécuritaires et renforcer la discipline institutionnelle ».
L’an dernier, la montée des tensions entre le dispositif de dissuasion, le gouvernement d’unité et le 444e bataillon avait profondément affecté les rapports de force à l’ouest de la Libye. Ce conflit s’inscrit dans un affrontement plus large pour le contrôle des appareils de sécurité à Tripoli, de ses infrastructures stratégiques et de ses centres de détention.
Pendant des années, le dispositif de dissuasion a fonctionné comme un État dans l’État, exerçant un contrôle sur l’aéroport de Mitiga, sur la base aérienne portant le même nom et sur la prison de Mitiga, où auraient été commis, selon des allégations désormais au cœur d’une enquête de la Cour pénale internationale, de nombreux abus.
À la suite des combats survenus en mai 2025 entre le 444e bataillon et les forces de soutien à la stabilité dirigées par Abdelghani Al-Kikli, dit « Ghinewa », Dbeibeh avait tenté de réduire progressivement l’influence politique et militaire du dispositif de dissuasion dans la capitale, dans le but de réintégrer le système carcéral et les agences sécuritaires parallèles sous l’autorité de l’État.
Le dispositif de dissuasion est depuis longtemps associé à des pratiques illégales. Dès 2021, Amnesty International avait documenté sa participation à des enlèvements, des disparitions forcées, des actes de torture, des exécutions extrajudiciaires et du travail forcé.
La Cour pénale internationale a également indiqué que le responsable libyen Khaled Al-Hishri avait collaboré avec d’autres dirigeants du dispositif de dissuasion — notamment Osama Al-Masri et Abderrahouf Karrar — dans la gestion du système pénitentiaire de la prison de Mitiga à Tripoli, où des crimes auraient été commis contre des centaines de détenus entre 2015 et 2020.
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