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Avec 1,5 billion de dollars : la victoire des démocrates fait vaciller le budget de la défense de Trump
La victoire des démocrates aux élections de mi-mandat complique l'adoption par le Congrès du projet de budget de la défense de Donald Trump, estimé à 1,5 billion de dollars.

Le plan du président américain Donald Trump visant à porter le budget de la défense à 1,5 billion de dollars rencontre des obstacles croissants au Congrès, après que les démocrates ont remporté une majorité confortable à la Chambre des représentants et au Sénat lors des élections de mi-mandat. Ils ont exprimé une large opposition à cette augmentation proposée, affirmant leur intention de bloquer toute tentative de son adoption.
Selon un rapport de l’agence « Bloomberg », la défaite des républicains aux élections a dissipé les derniers espoirs d’une approbation par le Congrès de la demande sans précédent de Trump pour le budget de la défense, dans un contexte où la guerre impopulaire au Moyen-Orient a contribué à la perte de sièges pour plusieurs républicains.
Les démocrates s’opposaient déjà à l’augmentation proposée, qui représente 44 % par rapport à l’exercice fiscal précédent. De plus, les républicains revenant siéger lors de la session actuelle du Congrès, avant le début des travaux de la nouvelle assemblée en janvier, pourraient ne pas réussir à mobiliser le soutien ou la volonté politique nécessaires pour faire passer ce vaste paquet de dépenses.
Dans un communiqué publié après les élections, le représentant démocrate Adam Smith, qui prendra la présidence de la commission des forces armées de la Chambre des représentants, a déclaré : « Nous devons élaborer une approche plus réaliste et durable pour notre sécurité nationale, qui n’exige pas un budget de la défense dépassant le billion de dollars, ni son financement par des coupes brutales dans les programmes locaux essentiels ».
La résistance démocrate menace plusieurs des ambitions militaires majeures de Trump, notamment le projet de bouclier antimissile « Golden Dome » et le plan de construction de cuirassés de classe « Trump ». Elle laisse également entrevoir des conséquences négatives pour les entreprises de l’industrie de la défense.
Les actions de grandes sociétés de défense, dont Lockheed Martin et Northrop Grumman, ont reculé cette semaine, alors que les attentes concernant une augmentation des dépenses militaires américaines se sont estompées après les résultats des élections de mi-mandat.
Les législateurs de retour à Washington lundi devront affronter deux dossiers principaux : le projet de loi annuel sur la politique de défense et le plan de dépenses pour l’exercice fiscal 2027, qui a commencé le 1er octobre sous un financement provisoire expirant le 11 décembre, plaçant ainsi l’avenir de ces deux mesures dans l’incertitude.
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait justifié la demande de l’administration d’augmenter le budget de la défense pour l’exercice fiscal 2027 en affirmant que ce financement permettrait de lancer des efforts urgents de modernisation militaire, alors que les systèmes autonomes transforment la nature des guerres modernes.
Cependant, l’ampleur de l’augmentation, combinée aux réductions des dépenses intérieures, à la hausse des coûts de la guerre contre l’Iran et aux projets coûteux tels que les cuirassés de classe « Trump », a suscité l’indignation de certains législateurs, y compris parmi les républicains.
Selon une source proche des discussions, il est probable que les démocrates acceptent un budget de la défense proche du billion de dollars seulement, compte tenu de l’écart persistant entre les positions des deux partis sur le volume des dépenses. La même source ajoute que les démocrates ne souhaitent pas apparaître comme approuvant la poursuite du financement de la guerre contre l’Iran, tout en cherchant à fournir au Pentagone les ressources réellement nécessaires pour ses efforts de modernisation.
Le rapport indique que Hegseth, responsable au sein de l’administration américaine de la promotion des législations liées au budget, fait lui aussi face à des pressions au Congrès, avec l’anticipation d’un vote de destitution dès le début de cette semaine, parallèlement à la montée des appels à sa révocation.
La plupart des analystes n’envisagent pas que le Pentagone obtienne la totalité du montant demandé par l’administration. Travis Sharp, du Centre d’évaluation stratégique et budgétaire, a écrit dans une note de recherche publiée le 4 novembre que « le budget finalement adopté par le Congrès sera probablement inférieur aux ambitions de l’administration Trump ».
De son côté, Todd Harrison, analyste du budget de la défense à l’American Enterprise Institute, a qualifié les chances d’adoption de la loi sur la politique de défense de « presque égales », avertissant que les initiatives démocrates pour limiter les pouvoirs du président en matière de guerre et cibler Hegseth pourraient entraver l’ensemble du processus.
Certains démocrates, renforcés dans leur pouvoir de négociation par les résultats électoraux, jugent nécessaire d’adopter un autre mécanisme de financement provisoire avant la fin de l’année, en reportant les lois de longue durée jusqu’à la convocation du nouveau Congrès, où ils pourront utiliser leur majorité dans les deux chambres pour définir les priorités des futurs projets de financement.
Le représentant démocrate Glenn Ivey, membre de la commission des crédits, a déclaré dans une interview accordée à Bloomberg TV : « Maintenant que nous disposons de telles majorités, je ne sais pas si nous avons besoin d’une loi de longue durée. Je penche davantage pour une solution à court terme ».
Le sénateur démocrate Tim Kaine, membre éminent de la commission des forces armées du Sénat, a pour sa part indiqué que les résultats des élections de mi-mandat avaient offert aux démocrates une position de négociation plus solide concernant le projet de loi annuel d’autorisation de la défense.
Des responsables du Pentagone, dont Hegseth et son adjoint Steve Feinberg, avaient intensifié leurs contacts avec le Congrès avant les élections pour défendre la demande budgétaire de 1,5 billion de dollars. Toutefois, 350 milliards de dollars de ce montant devaient être inclus dans un paquet législatif adopté par les voix d’un seul parti, en dehors du processus budgétaire ordinaire.
Dans une vidéo publiée sur la plateforme X le 5 novembre, où il défendait largement sa position face aux tentatives de destitution, Hegseth a déclaré : « Le département de la Défense doit être financé pour répondre aux exigences du moment présent. Nous avons besoin de la voix de chaque membre patriote du Congrès ».
Mais l’adoption du plan semble désormais peu probable, car les démocrates du Sénat s’étaient déjà opposés au projet de loi annuel d’autorisation de la défense. De plus, la perte par les républicains de plusieurs sièges considérés comme sûrs à la Chambre des représentants rendra difficile la garantie de la présence quasi complète nécessaire pour faire passer le projet de loi par les voix d’un seul parti, avant que les démocrates ne prennent le contrôle de la majorité.
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