Santé
Le directeur du centre Gamaleya annonce qu'un vaccin contre le Hantavirus est envisageable en un an et demi, mais que le financement fait défaut.

La mise au point d’un vaccin contre le Hantavirus pourrait nécessiter environ un an et demi, a déclaré Alexandre Gueintsebourg, directeur du centre russe d’épidémiologie et de microbiologie Gamaleya. Il a assuré que les connaissances nécessaires à ce développement sont déjà acquises.
Jusqu’à présent, les travaux sur un tel vaccin n’ont pas été lancés, a expliqué le scientifique. La raison invoquée est le besoin d’un « financement important » face à un « marché potentiel très restreint » pour le médicament. L’épidémie actuelle à bord du navire de croisière « MV Hondius » pourrait toutefois servir de catalyseur pour revoir ces priorités.
Dans un entretien au journal Izvestia, Gueintsebourg a déclaré : « Peut-être que cette épidémie à bord du navire de croisière coûteux (MV Hondius) forcera à s’intéresser à ce problème et que des fonds seront alloués pour créer au moins un système de vaccination selon les indicateurs épidémiologiques. »
Le chercheur a souligné la nécessité de concevoir un vaccin ciblant simultanément cinq à sept des souches antigéniques les plus répandues. Cela implique de mener des recherches pour identifier ces souches au préalable.
Gueintsebourg a ajouté que la technologie des particules pseudo-virales a déjà été appliquée avec succès pour le vaccin contre le rotavirus. « Cette approche peut être utilisée pour fabriquer un vaccin contre le Hantavirus », a-t-il précisé.
Il y a trois semaines, le navire « MV Hondius » a quitté la ville argentine d’Ushuaïa à destination des îles Canaries. Huit personnes à bord ont été diagnostiquées avec le Hantavirus, et trois passagers sont décédés.
Environ 150 personnes se trouvent à bord, principalement des ressortissants des États-Unis, d’Arabie saoudite, d’Espagne et des Pays-Bas. L’équipage comprend un citoyen russe.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, le virus responsable de l’épidémie est le virus « Andes », le seul type connu pour sa capacité limitée à se transmettre entre humains par contact étroit et prolongé. L’OMS estime actuellement le risque pour la santé publique comme « faible », tout en surveillant la situation de près.
Les Hantavirus forment une famille de virus qui infectent principalement les petits mammifères, mais peuvent aussi se transmettre à l’homme par contact avec l’urine, les excréments ou la salive de rongeurs infectés. Dans les cas graves, le système respiratoire des patients est touché, et ils développent une insuffisance cardiaque et une fièvre hémorragique.
Selon les données d’experts, environ 5 000 à 7 000 cas d’infection par le Hantavirus sont enregistrés chaque année dans le monde, y compris en Russie.
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