Santé
Les médicaments GLP-1, utilisés pour l'obésité et le diabète, montrent un potentiel dans le traitement de certains troubles psychiatriques, notamment la dépression et les addictions.

Les médicaments agonistes du GLP-1, déjà employés dans la prise en charge du surpoids, de l'obésité et du diabète de type 2, suscitent un intérêt croissant pour leur utilité possible dans le traitement de certains troubles psychiatriques.
Selon une étude récente, les personnes souffrant de diabète et/ou d’obésité présentent un risque accru de dépression, d’anxiété et de comportements suicidaires (Taipale, 2026). Des données solides indiquent que les traitements par GLP-1 peuvent améliorer ces comorbidités chez certains patients.
Le GLP-1 est une hormone intestinale sécrétée en réponse à l’ingestion alimentaire. Elle favorise la libération d’insuline par le pancréas, ralentit la vidange gastrique et induit une sensation de satiété. Cette hormone est également produite dans le cerveau, où elle module la fonction nerveuse, l’équilibre énergétique, la régulation de l’appétit ainsi que les mécanismes de récompense liés à la consommation d’aliments et de drogues (Angarita, 2021). En outre, elle réduit l’inflammation et le stress oxydatif, deux facteurs impliqués dans la genèse de la dépression et de l’anxiété (Gunturu, 2024).
Plusieurs études ont montré une amélioration des symptômes dépressifs après traitement par GLP-1 (Gunturu, 2024). Par exemple, une recherche a révélé une diminution significative des scores dépressifs chez les patients sous GLP-1 comparativement à un groupe placebo (Chen, 2024). En complément, ces médicaments présentent des propriétés neuroprotectrices (Cooper, 2023).
Cependant, un essai clinique portant sur des sujets obèses n’a pas mis en évidence d’effet préventif du GLP-1 sur la dépression, l’anxiété ou les comportements suicidaires (Kornelius, 2024). Cette étude n’a toutefois pas examiné l’évolution des patients dépressifs traités par ces médicaments.
Lors de leur mise sur le marché, la FDA a surveillé les effets secondaires potentiels des médicaments GLP-1, notamment les idées suicidaires. Des données initiales avaient suggéré une fréquence accrue de ces phénomènes, mais des analyses récentes ont infirmé ce risque (Drug Safety Communication, 2026). Une étude récente confirme que le GLP-1 n’est pas associé à une augmentation des événements psychiatriques indésirables ni à une aggravation des symptômes dépressifs (Pierret, 2025).
Les preuves soutiennent l’emploi des médicaments GLP-1 pour le traitement des troubles liés à l’alcool et à d’autres substances (Farokhnia, 2026). Leur action inhibe la libération de dopamine dans le centre de récompense cérébral (Laurindo, 2022).
Le traitement de l’alcoolodépendance par GLP-1 est le plus documenté parmi les addictions chimiques. Une étude a montré qu’une faible dose de sémaglutide réduisait la consommation d’alcool, le nombre de boissons quotidiennes et les envies hebdomadaires (Hendershot, 2025). Une autre recherche a observé une diminution significative des jours de forte consommation et de la quantité totale d’alcool ingérée chez un sous-groupe de patients obèses (Klausen, 2022). Globalement, les sujets en surpoids, obèses ou diabétiques obtiennent de meilleurs résultats que les sujets de poids normal dans le traitement des addictions par GLP-1 (Marquez-Meneses, 2025).
Outre l’alcool, d’autres substances ont été étudiées, notamment les psychostimulants, les opioïdes et la nicotine (Bruns, 2024). La dépendance à la nicotine, liée au tabac et au vapotage, demeure un défi majeur de santé publique. L’arrêt du tabac est souvent compliqué par la prise de poids liée au sevrage (Herman, 2024). Des études ont démontré que le GLP-1 réduit la consommation volontaire de nicotine et prévient la suralimentation et la prise de poids induites par le sevrage (Herman, 2024). Par ailleurs, ce traitement améliore les déficits cognitifs ainsi que les comportements dépressifs et anxieux favorisant la rechute tabagique (Herman, 2024).
Le trouble de l’hyperphagie boulimique (THB) est le trouble alimentaire spécifique le plus fréquent (Himmerich, 2024). Il est souvent associé à des troubles tels que le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, la dépression, le trouble bipolaire, l’anxiété, les troubles liés à l’alcool et à la nicotine, ainsi qu’à l’obésité (Himmerich, 2024).
Si le rôle des médicaments GLP-1 dans le traitement du THB n’est pas encore établi, des recherches indiquent qu’ils réduisent les épisodes d’hyperphagie chez les personnes en surpoids ou obèses (Himmerich, 2024). Des données suggèrent également que ces médicaments pourraient avoir des effets neuropsychiatriques diminuant le risque de THB (Choudhury, 2026).
Cependant, certains patients utilisent ces traitements pour maintenir leurs troubles alimentaires, notamment l’anorexie mentale, la boulimie ou l’hyperphagie, en favorisant une restriction alimentaire rapide et une perte de poids, une pratique dangereuse déconseillée (Peiper, 2026).
La prise de poids est un effet secondaire fréquent des antidépresseurs et antipsychotiques, conduisant certains patients à interrompre leur traitement. Des recommandations préconisent l’ajout de metformine ou de médicaments GLP-1 pour limiter cette prise de poids (Solmi, 2024 ; Mouawad, 2025).
Une étude menée sur 30 semaines chez des patients atteints de schizophrénie, prédiabétiques et obèses, a montré que le traitement par GLP-1 était sûr, réduisait la glycémie et le poids (perte moyenne de 9,2 kg), et améliorait la qualité de vie physique sans aggraver la santé mentale (Ganeshalingam, 2025).
Les recherches humaines sur l’usage des médicaments GLP-1 dans l’anxiété restent limitées. Des études animales ont démontré une diminution constante des comportements anxieux et une amélioration des marqueurs biologiques de résilience au stress. Les études cliniques humaines fournissent des résultats mitigés mais suggèrent une réduction de l’incidence de l’anxiété et du risque d’idées suicidaires (Yi, 2026).
En conclusion, les médicaments GLP-1 apparaissent comme une option thérapeutique émergente pour plusieurs troubles psychiatriques, avec des données plus solides pour la dépression et les troubles liés à l’usage de substances. Des études plus larges sont nécessaires pour définir précisément les indications, les modalités d’utilisation et les doses optimales.
Liban
Lifestyle
Liban
Monde