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Les antagonistes NK freinent le cancer du sein
Une étude présentée à San Diego suggère que les médicaments contre les bouffées de chaleur pourraient limiter la propagation des cellules cancéreuses mammaires.

Des travaux scientifiques présentés lors de la réunion annuelle 2026 de The Menopause Society, qui se tient à San Diego du 20 au 24 octobre, indiquent que les antagonistes des récepteurs de la neurokinine (NKR) pourraient offrir des bénéfices inattendus aux patientes atteintes d'un cancer du sein. Ces molécules, déjà prescrites pour traiter les bouffées de chaleur ménopausiques sans recourir aux hormones, semblent capables de restreindre la dissémination des cellules tumorales et de prévenir les rechutes.
L'efficacité actuelle de ces traitements repose sur leur action dans l'hypothalamus. La chute des œstrogènes durant la ménopause rend hyperactifs les neurones KNDy, qui produisent excessivement un peptide nommé neurokinine B (NKB). Cette signalisation dérégulée provoque une sensation de surchauffe corporelle. En bloquant les récepteurs NKR, les antagonistes stabilisent la régulation thermique sans intervention hormonale.
Mécanismes biologiques identifiés
Les chercheurs ont élargi leur investigation au-delà du cerveau pour examiner l'expression des récepteurs NKB dans le tissu mammaire. Les analyses in-silico révèlent que la sous-régulation de la signalisation NKR, obtenue par l'administration de ces antagonistes, inhibe les voies moléculaires favorisant l'invasivité et les métastases. Ces données suggèrent une modification potentielle du comportement des cellules cancéreuses vers un profil moins agressif.
Des examens immunohistochimiques sur des tissus humains ont confirmé une augmentation linéaire de l'expression des NKR, passant du tissu normal à l'hyperplasie, puis au cancer. Les récepteurs sont significativement surexprimés dans les tumeurs malignes. In vitro, le traitement de diverses lignées cellulaires de cancer du sein avec des antagonistes NKR a réduit la viabilité des cellules cancéreuses et désactivé des voies oncogéniques liées à la progression tumorale et à la résistance thérapeutique.
Perspectives cliniques et précautions
Le Dr Lubna Pal, auteur principal de l'étude et chercheuse à l'Université Yale dans le Connecticut, avance l'hypothèse que les bienfaits de cette classe médicamenteuse dépassent largement le contrôle des symptômes vasomoteurs et des troubles du sommeil. Elle qualifie les résultats d'intrigants, ouvrant la voie à un usage à long terme pour freiner la progression du cancer ou éviter sa récurrence. Toutefois, elle insiste sur la nécessité de confirmer ces effets théoriques par des études rigoureusement conçues avant toute application clinique.
La présentation détaillée, intitulée « Exploring the promise of NKR antagonists – beyond the flashes, the sweats, and sleep », a été intégrée au programme officiel de la conférence. Le Dr Stephanie Faubion, directrice médicale de The Menopause Society, note que si ces antagonistes ont transformé la prise en charge non hormonale des symptômes de la ménopause, leurs implications biologiques plus larges restent à explorer. Elle précise que ces conclusions, issues d'études préliminaires en laboratoire et sur tissus, constituent une base pour futures recherches sur le rôle de la signalisation neurokinine dans la santé mammaire.





