Liban
À l'occasion du sixième anniversaire de l'explosion du port de Beyrouth, le président libanais Michel Aoun exhorte la justice à rendre un jugement provisoire sans délai, affirmant que l'indépendance de la justice est essentielle pour rétablir la vérité et la confiance du peuple.

Le Président de la République, le général Joseph Aoun, a publié à l'occasion du sixième anniversaire de l'explosion du port de Beyrouth ce qui suit :
"Chaque année, à cette date, tout le Liban se tient devant une blessure non cicatrisée et une mémoire qui ne s'est pas éteinte. Nous revivons l'horreur de ce moment où Beyrouth a tremblé jusqu'aux profondeurs, lorsque le port, artère vitale de la vie et de l'économie, s'est transformé en théâtre d'une tragédie sans précédent dans notre histoire récente. C'était un instant d'explosion qui a changé le visage de la capitale, a coûté des vies innocentes, a laissé des centaines de blessés et a causé des dégâts étendus, touchant d'abord les pierres avant de toucher les cœurs.
Nous rappelons aujourd'hui chaque victime tombée injustement, chaque famille attendant depuis des années une réponse digne du sacrifice qu'elle a fait. Nous pensons aux enfants privés des bras de leurs parents, aux mères qui attendent encore la justice bien plus que le temps qui effacerait la douleur.
Cette commémoration n'est pas seulement une occasion de deuil, mais un rappel constant d'un devoir qui ne prescrit pas avec le temps : le devoir de vérité, de justice et de responsabilité. La blessure ne guérira pas, et le pays ne retrouvera pas sa confiance en ses institutions tant que la marche vers la justice ne sera pas menée jusqu'à son terme.
À partir de ce point de vue, je souligne que la publication du jugement provisoire par le juge d'instruction est devenue une nécessité impérieuse qui ne peut plus supporter davantage d'attente. La justice ne signifie pas la vengeance, mais l'accomplissement de la vérité, le dévoilement intégral et sans réserve de la vérité, et la mise en cause de chacun qui a failli, négligé ou contribué à cette catastrophe, quel que soit son poste ou sa position. La justice ne se divise pas, et la loi ne laisse personne hors de son champ d'application.
La justice libanaise est appelée aujourd'hui plus que jamais à prouver son indépendance et sa capacité à faire justice aux victimes. Le jugement provisoire n'est pas simplement une procédure juridique, mais un droit des morts envers les vivants, un droit des familles qui ont longtemps attendu pour que les âmes de leurs enfants trouvent enfin la paix, et que leurs souffrances s'arrêtent à la connaissance complète de la vérité.
Lorsque nous nous tenons aujourd'hui face à cette commémoration douloureuse, nous renouvelons notre engagement selon lequel l'État de droit est la seule garantie contre la répétition de cette tragédie, et que le Liban, qui a su résister dans les moments les plus sombres, est capable de sortir de sa crise plus fort, dès lors que la justice sera pleinement accomplie, et dès lors que chaque citoyen sentira que son sang et sa dignité sont protégés devant la loi.
Que les âmes des martyrs reposent en paix, que leur souvenir nous inspire une détermination inébranlable dans la recherche de la vérité et de la justice, jusqu'à ce que le cœur de chaque mère soit apaisé, que l'âme de chaque martyr trouve la tranquillité, et que le Liban, avec ses institutions et son État, retrouve l'image qu'il mérite parmi les nations."
Lifestyle
Monde
Monde
Football