Liban
Le ministère de l'Éducation a expliqué les raisons qui ont conduit à l'instauration de l'examen clinique dans les épreuves du collogue à compter de 2026, soulignant les défis liés à la validation des études menées à l'étranger.

La direction générale de l'enseignement supérieur du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement Supérieur a publié un communiqué sur les motifs ayant poussé à l'adoption de l'examen clinique prévu par le texte du décret régissant les épreuves du collogue à partir de l'année 2026. Le communiqué indique :
« Le décret n° 1527 en date du 15/6/1959 (régime des épreuves du collogue) prévoit l'organisation d'un examen clinique pour la spécialité de médecine générale, ainsi qu'un examen pratique pour les spécialités de stomatologie et de pharmacie, destiné aux diplômés issus d'établissements universitaires non libanais. Toutefois, pendant plusieurs décennies, il n'a pas été possible de mener cet examen en raison du manque d'infrastructures permettant sa mise en œuvre, notamment dans les cabinets médicaux, les hôpitaux, les centres hospitaliers et les pharmacies. Par conséquent, la direction générale de l'enseignement supérieur s'est contentée d'organiser un examen pratique pour la spécialité de stomatologie au sein des laboratoires de l'Université libanaise spécialement aménagés à cette fin, à la faculté de stomatologie.
Instabilité de l'enseignement et données floues
Dès l'année universitaire 2019-2020.
Le monde entier a basculé dans l'enseignement à distance à cause de la pandémie de coronavirus, et ce mode d'enseignement a été largement adopté à travers le monde durant les années 2020 et 2021. Il a perduré selon les pays jusqu'à la fin de l'année universitaire 2021-2022, soit jusqu'en juillet-août 2022. En Ukraine précisément, dès que l'interdiction mondiale imposée par la pandémie a été levée au début de l'année 2022, la guerre a éclaté et continue encore aujourd'hui. Cette situation a entraîné un exode interne et une migration externe, conduisant à la poursuite de l'enseignement à distance pour un large groupe d'étudiants, que ce soit ceux qui se sont déplacés d'une ville à une autre à l'intérieur de l'Ukraine, ou ceux qui ont quitté le pays pour d'autres nations. C'était également le cas pour les étudiants libanais présents là-bas. Certains sont revenus au Liban pour terminer leurs études, d'autres ont repris leur voyage vers l’Ukraine ou vers des pays comme la Géorgie, la Pologne, la Biélorussie et la Russie, et certains ont directement transféré leur parcours depuis l’Ukraine vers la Géorgie, nombreux étant ceux inscrits dans le programme Mobility.
Les situations sont nombreuses et variées, mais le résultat est identique : l'impossibilité de contrôler la durée réelle de l'enseignement suivi par chaque étudiant, surtout que les attestations reçues des pays où les étudiants ont étudié – qu'il s'agisse de l'Ukraine ou d'autres pays – manquent de précision et de crédibilité. De plus, les organismes répondant aux courriers de la direction générale de l'enseignement supérieur ne fournissent pas toutes les informations demandées, laissant place à de sérieux doutes. La direction générale de l'enseignement supérieur a déjà documenté des contradictions flagrantes entre le nombre de jours et de mois passés dans le pays d'étude, relevés sur les passeports, et les réponses fournies par les établissements universitaires qui ont délivré le diplôme dans ce pays.
Données de la direction générale de l'enseignement supérieur concernant les candidats et les admis aux épreuves du collogue pour l'année 2026.
Il convient de noter que le nombre de candidats aux épreuves du collogue pour la spécialité de médecine générale, dans la première session de l'année 2026, a atteint 302, dont 224 ont été admis. En analysant les pourcentages respectifs des candidats et des admis, on observe ce qui suit :
- Provenance d'Iran : environ 5 % (86,7 % d'admis)
- Provenance de Russie : environ 22 % (57,6 % d'admis)
- Provenance de Syrie : environ 6 % (83,3 % d'admis)
- Provenance de Biélorussie : environ 25,5 % (76,6 % d'admis)
- Provenance de Géorgie : environ 17,5 % (80,7 % d'admis)
- Provenance d’Ukraine : environ 11,6 % (68,6 % d'admis)
Si l'on inclut les nouveaux arrivants directement depuis l'Ukraine ou depuis des pays voisins où les étudiants ont poursuivi leurs études après avoir commencé celles-ci en Ukraine, le pourcentage des candidats atteint environ un tiers. La direction générale de l'enseignement supérieur ne dispose pas de preuves suffisantes concernant la nature de l'enseignement (présentiel, hybride, à distance), ni sur les difficultés concrètes liées aux compétences cliniques acquises, car de nombreux diplômés ont déclaré avoir dû organiser eux-mêmes leurs stages pratiques, sans supervision académique de leurs universités, avoir accompli ces stages selon les disponibilités, et certains même avoir dû assurer eux-mêmes la présence de patients nécessaires pour remplir les heures requises. Si l'on ajoute les nouveaux arrivants provenant de Russie, de Biélorussie, d’Ukraine et de Géorgie, le pourcentage atteint près de 80 %. La direction générale de l'enseignement supérieur s'étonne de la facilité avec laquelle les étudiants obtiennent l'admission et peuvent étudier dans ces pays comparativement à d'autres nations développées, ainsi que des agences derrière ces admissions dans les universités de ces pays, et des services et facilités qu'elles offrent.
Face à ces réalités, compte tenu du grand nombre de diplômés venus de pays spécifiques, des questions soulevées quant aux conditions d'admission, de suivi, de réussite, de délivrance du diplôme, ainsi que des capacités d'accueil, du niveau d'encadrement et de la sérieux des stages pratiques, et considérant la difficulté de communication avec les universités de ces pays afin de vérifier la nature de l'enseignement et les données relatives aux étudiants libanais ayant étudié là-bas, en comparaison avec d'autres pays comme ceux de l'Union européenne, le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis, la conviction s'est renforcée sur l'importance de mettre en place l'examen clinique/pratique pour de nombreuses spécialités, notamment la médecine générale. En conséquence, la direction générale de l'enseignement supérieur a jugé nécessaire de concentrer ses efforts sur la mise en œuvre de cet examen clinique.
Mise en œuvre antérieure de l'examen clinique
Le Conseil des ministres avait pris une décision portant numéro 11 en date du 29/11/2023, approuvant l'examen clinique pour les diplômés venus d'Ukraine. La direction générale de l'enseignement supérieur a pu organiser un examen clinique OSCE pour les bénéficiaires de cette décision dans :
- l'Université arabe de Beyrouth, pour la spécialité de pharmacie (deux sessions organisées),
- l'Université américaine de Beyrouth, pour la spécialité de médecine générale (cinq sessions organisées),
Par ailleurs, grâce à la coopération avec l'Université arabe de Beyrouth, un nombre significatif de diplômés concernés ont été envoyés pour effectuer une année de stage en stomatologie.
Les ressources sont disponibles aujourd'hui pour appliquer l'examen clinique à tous les diplômés des spécialités visées par le décret de 1959
L'examen clinique/pratique n'est plus impossible à organiser aujourd'hui, notamment parce que l'Université libanaise et tous les établissements universitaires autorisés au Liban à dispenser les spécialités de médecine générale et/ou de stomatologie et/ou de pharmacie disposent désormais de cabinets/stations spécialement aménagés à cet effet. Il n'est plus nécessaire de recourir aux hôpitaux, aux centres hospitaliers, aux cabinets médicaux ou autres lieux.
Étant donné la guerre déclenchée par l'agression israélienne contre le Liban le 2 mars 2026, qui a duré jusqu'aux limites du mois de juin dernier, il n'était pas facile de communiquer avec les universités concernées ni de planifier de manière certaine l'organisation de cet examen pour l'année 2026, du fait du contexte. Du point de vue technique, son organisation doit intervenir après la publication des résultats des épreuves écrites. Cette mise en œuvre dépend du nombre d'admis à ces épreuves et de leur répartition, des données essentielles pour déterminer le nombre de stations nécessaires, le nombre de membres des commissions d'examen, le nombre de techniciens impliqués, ainsi que le nombre d'établissements universitaires participant à cette mission. La direction générale de l'enseignement supérieur devra accomplir tout cela après la publication des résultats des épreuves écrites, c’est-à-dire après le 7 juillet 2026.
La direction générale de l'enseignement supérieur saisit l'occasion pour remercier chaleureusement les universités concernées pour leur participation précieuse et active aux épreuves du collogue, ainsi que pour leur engagement à garantir leur succès. Un remerciement particulier va à l'Université libanaise pour son accueil constant de ces épreuves et pour ne jamais retarder la mise à disposition de toutes ses ressources afin de garantir le succès de cet enjeu national.
Quant aux choix des trois universités privées pour organiser l'examen clinique de médecine générale cette année, ils résultent des décisions prises par la commission de coordination spécifique à chaque spécialité, impliquant l'Université libanaise. L'assistante de la faculté des sciences médicales a été désignée par la doyenne pour préparer cet examen. Après coordination et échanges avec la faculté, et conformément à leur disponibilité et à leurs capacités au début de l'année universitaire 2026-2027, les trois universités privées suivantes ont été choisies : l'Université américaine de Beyrouth, l'Université Saint-Joseph de Beyrouth et l'Université arabe de Beyrouth, comme centres d'organisation de cet examen.
Il est bien connu que le décret régissant les épreuves du collogue donne à la ministre de l'Éducation et de l'Enseignement Supérieur le pouvoir de fixer les dates et lieux des épreuves écrites, orales et cliniques/pratiques du collogue. Il ne stipule pas que les épreuves doivent être uniquement organisées par l'Université libanaise. Les décisions prises s'appuient principalement sur des considérations liées aux dates de début des cours, aux horaires des épreuves de la deuxième session réservée exclusivement à l'Université libanaise, à la disponibilité des stations d'examen clinique et du personnel nécessaire, aux dates d'entrée en vigueur des concours, ainsi que d'autres facteurs.
La direction générale de l'enseignement supérieur insiste sur le fait que l'Université libanaise restera le premier choix pour toute épreuve nationale, car, conformément aux règles en vigueur, ses diplômés ne sont pas soumis aux épreuves du collogue. Elle occupe une position neutre qui lui confère cette capacité, outre ses ressources scientifiques. Toutefois, cela reste conditionné à la disponibilité, à l'offre, à l'acceptation et à la présence des conditions et moyens nécessaires. Le dialogue avec la présidence de l'Université libanaise et les vice-présidences concernées est actif et continu, et elles n'ont jamais cessé de fournir tous les efforts nécessaires pour aider la direction générale de l'enseignement supérieur à mener à bien ces épreuves. Elles méritent notre profond gratitude et reconnaissance.
Préoccupations des diplômés et instrumentalisation du sujet à des fins populistes
Il est important de souligner que la direction générale de l'enseignement supérieur a écouté attentivement les préoccupations des diplômés issus d'universités hors du Liban, qui peuvent être résumées en deux exigences :
- obtenir une attestation de réussite aux épreuves du collogue, condition indispensable pour poursuivre la spécialisation médicale, car sans cette attestation, ils ne pourraient pas conserver le poste qu'ils ont tant travaillé à obtenir,
- le départ d'un grand nombre d'entre eux à l'étranger, empêchant leur retour en septembre à cause de la crainte de perdre leur place en spécialisation médicale et des coûts financiers associés,
Après analyse approfondie de ces revendications, la direction générale de l'enseignement supérieur n'a trouvé aucune preuve que l'attestation de réussite aux épreuves du collogue soit obligatoire pour poursuivre la spécialisation médicale. En effet, des médecins de tous les coins du monde postulent aux épreuves du collogue après avoir achevé leur spécialisation. Si l'attestation de réussite était indispensable pour continuer la spécialisation, les médecins mentionnés ne pourraient pas poursuivre leur formation dans une branche médicale. De plus, la direction générale de l'enseignement supérieur dispose de preuves confirmant que des étudiants en spécialisation médicale ont poursuivi leurs études dans les pays cités précédemment, ainsi que dans d'autres, avant d'obtenir les équivalences universitaires requises et avant d'avoir réussi aux épreuves du collogue.
Il convient également de rappeler qu'un grand nombre de candidats concernés n'ont pas encore obtenu les équivalences universitaires requises. Tant que l'attestation d'équivalence n'a pas été délivrée, ils ne pourront pas recevoir l'attestation de réussite aux épreuves du collogue. Comment alors pourraient-ils concilier cette condition avec la poursuite de la spécialisation médicale ?
En tout état de cause, la direction générale de l'enseignement supérieur a manifesté toute la flexibilité nécessaire : elle a annoncé sa volonté d'accorder des attestations de réussite aux épreuves concernées à leurs titulaires, et a fixé plusieurs dates pour l'examen clinique (trois dates) afin que ceux qui ont quitté le Liban après avoir passé les épreuves écrites et orales du collogue n'aient pas besoin de revenir au début du mois de septembre prochain.
Cependant, cette flexibilité n’a rencontré que du refus et une absence de réponse. Des excuses ont été invoquées, notamment le fait que l'examen clinique a été annoncé tardivement (le motif en a été exposé précédemment dans ce communiqué). Cela montre que certains étudiants ne veulent pas passer cet examen et s’en servent comme prétexte pour diverses raisons. Certaines parties ont, malheureusement, utilisé cette question comme argument pour attaquer le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement Supérieur, publiant plusieurs déclarations et communiqués en faveur de l'abrogation de l'examen clinique/pratique, sans tenir compte du niveau professionnel des diplômés concernés, ni poser la moindre question à l'organisme concerné, à savoir la direction générale de l'enseignement supérieur, même par téléphone ou par courrier électronique, sur la réalité de la situation.



