Économie
321 millions de dollars : le coût quotidien du diesel aux États-Unis
Le coût quotidien du diesel consommé aux États-Unis atteint 321 millions de dollars, relançant les appels à un embargo sur ses exportations face à des prix records et une tension sur les approvisionnements.

Les États-Unis dépensent environ 321 millions de dollars par jour pour le diesel consommé sur leur territoire. Ce chiffre a ravivé les débats autour d’un éventuel arrêt des exportations de ce carburant afin de sécuriser l’approvisionnement domestique.
La chaîne Axios rapporte que des investisseurs et des économistes mettent en garde contre des effets inverses majeurs : une telle mesure pourrait faire grimper les prix mondiaux du diesel et exercer des pressions supplémentaires sur les taux d’intérêt américains.
Le prix moyen du diesel aux États-Unis a dépassé pour la première fois 10 dollars le gallon, selon les données de la plateforme Gas Buddy citées par Reuters. Cette hausse s’explique par une contraction des approvisionnements, liée à la confrontation entre les États-Unis et l’Iran ainsi qu’aux attaques ukrainiennes contre des raffineries russes.
Tim Waterer, analyste principal marché chez KCM Trade, souligne que « les produits raffinés, notamment le diesel, subissent actuellement un double choc ». Tant que les restrictions maritimes persistent dans le golfe Persique et que les perturbations dans les raffineries russes se poursuivent, « le diesel et d’autres produits raffinés devraient continuer à augmenter plus fortement que le marché du brut dans son ensemble ».
Commerzbank a relevé ses prévisions pour le baril de Brent à 85 dollars d’ici la fin de l’année, contre 75 dollars précédemment. Elle a aussi révisé à la hausse ses estimations pour le diesel à 1 200 dollars la tonne (contre 950 dollars) et pour le kérosène d’aviation à 1 230 dollars la tonne (contre 980 dollars).
Le sénateur républicain John Thune, chef de la majorité au Sénat et élu du Dakota du Sud, s’est déclaré « ouvert » à examiner un embargo sur les exportations de diesel. Cette proposition a toutefois été largement minimée par le Département de l’énergie et la Maison-Blanche.
Avec une hausse de 16 % des prix du diesel à la pompe rien que le mois dernier, et à moins de sept semaines des élections de mi-mandat, certains demandent au gouvernement d’agir rapidement pour contenir les coûts.
La Maison-Blanche n’a pas exclu la possibilité d’un embargo pétrolier, selon un communiqué transmis à Axios. Taylor Rogers, porte-parole de l’exécutif, a déclaré que « le président Donald Trump reste engagé à libérer la domination du secteur énergétique américain, à réduire les coûts et à remettre davantage d’argent dans les poches des familles américaines modestes ».
Elle a ajouté que « avec le maintien du contrôle total des États-Unis sur le détroit d’Hormuz, les prix du pétrole et du gaz reviendront aux niveaux d’avant la guerre ».
Liz Thomas, stratège marché principale chez Sophi, a estimé sur la plateforme X que « la probabilité d’un embargo sur les exportations de diesel avant les élections de mi-mandat est élevée ». En revanche, le cabinet Rapidan Energy évalue cette probabilité à moins de 35 %.
Un embargo gouvernemental sur les exportations impliquerait l’interdiction totale de l’expédition de certaines marchandises hors du territoire national. Dans ce cas précis, les États-Unis cesseraient de vendre du diesel produit localement aux marchés étrangers, préservant ainsi une part plus importante de cette ressource sur le sol américain.
Le think tank Brookings indique que cette mesure entraînerait immédiatement un allègement des pressions sur les prix, en réservant une plus grande part de l’offre au marché intérieur, ce qui ferait baisser temporairement les coûts du diesel aux États-Unis.
Le Congrès pourrait adopter une loi instaurant ces restrictions. Le président Trump dispose également de pouvoirs d’urgence lui permettant de mettre en œuvre un tel embargo. La procédure envisagée pourrait aller jusqu’à une interdiction complète des exportations ou passer par un système de licences plus strict que ceux déjà en vigueur.
Les États-Unis imposent rarement des embargos totaux sur les exportations. Ils privilégient généralement des régulations différenciées, autorisant ou limitant les ventes selon le type de produit et sa destination finale.
La principale objection formulée par Axios contre un embargo sur le diesel repose sur son impact mondial : il provoquerait une forte hausse des prix dans le reste du monde, avec des répercussions directes sur l’économie américaine.
Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank, a noté mercredi dans une analyse de marché que les raffineries subiraient une baisse de leurs marges, puisqu’elles exporteraient moins de barils. À terme, cela pourrait les conduire à réduire leur production, faute de débouchés suffisants à l’export, annulant ainsi une partie des bénéfices initiaux attendus pour les consommateurs américains.
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