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Une "zone aveugle" pour Washington : la mer Caspienne devient un "shunt d'armes" russo-iraniennes

La mer Caspienne se transforme en principal corridor de transfert d'armes et de matériel militaire entre la Russie et l'Iran, selon des données d'espionnage et des analyses stratégiques. Ce passage maritime fermé échappe aux contrôles occidentaux, créant une zone de non-droit pour les sanctions et la surveillance des matières à double usage.

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Une "zone aveugle" pour Washington : la mer Caspienne devient un "shunt d'armes" russo-iraniennes
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La mer Caspienne est devenue un axe principal de transport des armes et du matériel militaire échangés entre la Russie et l'Iran, selon des données d'espionnage et des analyses stratégiques.

Les études stratégiques considèrent qu'un blocus occidental contre l'Iran reste une mesure incomplète et insuffisante pour renverser le régime si on ignore la rupture du "corridor caspien", qui est devenu la cour arrière maritime du régime en place à Téhéran.

Le centre « Jérusalem » d'études sécuritaires et affaires extérieures a révélé que la mer Caspienne est devenue, pendant les crises militaires, une voie d'approvisionnement sûre tant pour l'Iran que pour la Russie, en dehors des instruments d'interdiction internationale auxquels sont soumis les passages maritimes ouverts.

Un passage fermé

Le centre, dans un rapport stratégique récent, affirme que la position géographique de la mer Caspienne, étant le plus grand lac fermé au monde entouré uniquement par cinq pays — la Russie, l'Iran, l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan — constitue un environnement "géopolitique" idéal pour Moscou et Téhéran.

Contrairement aux détroits du Bosphore, de la mer Rouge ou même de Détroit d'Ormuz, il n'existe pas en mer Caspienne de débouchés internationaux soumis à la surveillance maritime des alliances occidentales ou de l'OTAN.

Le rapport du centre précise que ces conditions permettent aux navires militaires et aux "flottes fantômes" de naviguer directement depuis les ports russes comme Astrakhan ou Makhachkala vers les ports iraniens tels qu'Anzali ou Amirabad, sans sortir vers des eaux internationales susceptibles d'être interceptées ou arrêtées pour quelque raison que ce soit.

Il souligne également que, alors que les cargaisons militaires, durant les premières années de la guerre russo-ukrainienne, étaient dirigées de Téhéran vers Moscou chargées de chasseurs "Shahed" et de munitions vivantes, les derniers rapports montrent une inversion de flux pour compenser les pertes dans les stocks iraniens après les frappes israéliennes et américaines, notamment en matière d'explosifs et de composants technologiques avancés.

Un vide juridique

Des chercheurs estiment quant à eux que cette coopération maritime repose sur un cadre juridique complexe : la mer Caspienne n'est pas entièrement soumise aux dispositions de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, comme c'est le cas dans les océans ouverts, mais elle est régulée par l'« Accord d'Octobre » de 2018 signé entre les États riverains.

Cet accord contient une disposition cruciale interdisant toute présence de forces militaires provenant d'acteurs extérieurs aux pays riverains de la Caspienne, ce qui élimine automatiquement les mécanismes d'inspection ou d'interception fondés sur des décisions internationales ou des initiatives de lutte contre la prolifération.

Cette lacune procédurale transforme ainsi la région en une "zone aveugle" pour le système de sanctions occidentales et les outils de contrôle des matières à double usage de l'Union européenne.

Une inquiétude croissante

Ce flux continu d'armes entre les ports russes et iraniens a suscité l'inquiétude des États riverains de la mer Caspienne, qui ont exprimé à plusieurs reprises leur profonde préoccupation face à la transformation de cette zone de transit commercial en corridor militaire.

L'Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan ont exprimé leur inquiétude grandissante face aux risques liés à l'implication de ce corridor économique vital dans les conflits armés, pouvant entraîner des affrontements militaires dont toute la région paierait un lourd prix.

Des sources politiques bien informées ont révélé que cette inquiétude provient de deux facteurs : premièrement, le risque réel pour les navires commerciaux partagés en raison du transport clandestin de cargaisons militaires, et deuxièmement, la possibilité d'une interruption des lignes commerciales et de transit reliant l'Asie au cœur de l'Europe via la mer Caspienne, conséquence de l'escalade et de la montée du déploiement militaire.

Le rapport conclut que l'expérience de transformation de la mer Caspienne en un théâtre d'approvisionnement militaire fermé prouve que les frontières géographiques et les cadres juridiques régionaux sont désormais des outils essentiels pour contourner les sanctions internationales et redessiner les équilibres de puissance dans la région.

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