Santé
Nuit courte et irrégulière : lien avec 37 maladies selon une étude
Une étude publiée dans PLOS Medicine, menée sur près de 96 000 participants du UK Biobank, associe un sommeil inférieur à 5 heures à un risque accru de 37 pathologies, tandis que 6 à 8 heures de repos nocturne correspondent au niveau le plus bas de risques pour de nombreuses affections.

Une recherche récemment publiée dans la revue scientifique PLOS Medicine établit des corrélations précises entre la durée, la profondeur et la régularité du sommeil, d’une part, et l’incidence de dizaines de maladies, d’autre part. L’étude a été conduite par Shengchi Sun, de l’Université médicale de la capitale en Chine, ainsi que par ses collaborateurs.
Les scientifiques se sont appuyés sur les données de 95 559 participants inscrits au UK Biobank — le « banc biologique » britannique. Chaque volontaire a porté pendant sept nuits consécutives un dispositif de suivi au poignet, permettant de mesurer non seulement la durée totale du sommeil, mais aussi ses différentes phases : sommeil profond, sommeil paradoxal (ou REM), régularité des cycles veille-sommeil, ainsi que la fréquence et la durée des réveils nocturnes.
Au terme d’un suivi médical moyen de 8,9 ans, les chercheurs ont observé que chaque augmentation de la durée du sommeil paradoxal était associée à une diminution du risque de 83 affections distinctes, notamment l’insuffisance cardiaque, la maladie d’Alzheimer, la démence vasculaire et la maladie de Parkinson. Par ailleurs, une extension du temps passé en sommeil profond s’est révélée liée à une baisse significative des risques pour sept troubles, dont le diabète de type 2 et le trouble dépressif majeur.
À l’inverse, une irrégularité marquée des horaires de coucher et de lever, ainsi qu’un allongement des périodes d’éveil après l’endormissement, ont été corrélées à une hausse des probabilités de développer plusieurs pathologies, notamment des troubles anxieux et des troubles liés à la consommation d’alcool ou de substances psychoactives.
L’analyse montre également que les personnes dormant moins de cinq heures par nuit présentent un risque accru de contracter 37 maladies différentes. En revanche, une durée de sommeil comprise entre six et huit heures par nuit correspond au seuil le plus bas de vulnérabilité pour un large spectre de pathologies.
Les auteurs précisent que cette étude ne démontre pas de lien causal direct entre les habitudes de sommeil et l’apparition ou la prévention des maladies. Il s’agit d’une étude observationnelle fondée sur l’identification de corrélations statistiques, non d’un essai clinique contrôlé. Ils soulignent toutefois que leurs résultats renforcent l’importance d’un sommeil suffisant et régulier, et ouvrent des pistes sur le rôle spécifique des stades du sommeil dans la préservation de la santé globale.
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