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Flying Pig : un générateur hydrogène de 1 MW fonctionnant à l'eau

La startup américaine VIVIFY lance Flying Pig, un système hydrogène de 1 MW autonome, destiné aux centres de données et sites industriels isolés.

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Flying Pig : un générateur hydrogène de 1 MW fonctionnant à l'eau
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La société américaine VIVIFY Technology a présenté le 21 mai un système hydrogène containerisé d’une puissance de 1 MW, baptisé Flying Pig, conçu pour alimenter les centres de données et les sites industriels éloignés. Ce dispositif produit son hydrogène directement sur place à partir d’eau, éliminant ainsi le besoin de livraisons de diesel ou d’une chaîne d’approvisionnement en carburant externe.

Face à la pression croissante exercée sur les réseaux électriques par les centres de données pilotés par intelligence artificielle, Flying Pig propose une solution rapide et autonome, capable d’être déployée sans attendre la construction d’infrastructures électriques supplémentaires.

Le système est livré prérempli avec environ deux tonnes d’eau. À l’intérieur, une technologie propriétaire appelée Pulsar sépare cette eau pour générer de l’hydrogène à la demande, qui alimente ensuite des turbines multi-étages à haute efficacité produisant électricité et chaleur. VIVIFY qualifie cette technologie de plateforme fermée Hydrogen Oxygen Generator (HOG). Selon un communiqué diffusé via PRNewswire, le procédé serait exempt à 99 % d’émissions, un chiffre communiqué par l’entreprise mais non vérifié par un organisme indépendant.

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Le design modulaire permet d’assembler plusieurs unités afin d’augmenter la capacité en fonction des besoins. Jason Herring, PDG de VIVIFY, présente ce système comme une solution américaine autofinancée, destinée à réduire la dépendance aux réseaux électriques traditionnels. Outre les centres de données, Flying Pig cible également les zones sinistrées, les sites miniers isolés et, de manière ambitieuse, les futures bases lunaires.

VIVIFY n’a pas communiqué de tarifs, ce qui constitue un manque important pour les équipes d’approvisionnement des centres de données qui comparent cette solution aux générateurs diesel ou aux réseaux électriques classiques. Une étude relayée par Interesting Engineering évoque des économies sur cinq ans par rapport aux générateurs diesel, mais cette estimation repose sur des prix du carburant stables et ne détaille pas la méthodologie employée.

Sur le plan international, les informations restent limitées. Aucun partenaire de distribution n’a été annoncé aux États-Unis, au Royaume-Uni ou ailleurs, et aucune mention n’a été faite concernant les certifications réglementaires nécessaires pour une commercialisation au Royaume-Uni ou dans l’Union européenne, telles que le marquage CE, la conformité ATEX ou les normes de pureté de l’hydrogène. Des concurrents européens sont déjà actifs : les unités Jenbacher d’INNIO bénéficient de plus de 50 ans d’expérience dans les moteurs à hydrogène et disposent de certifications en vigueur dans l’UE, tandis que Hitachi Energy exploite depuis fin 2023 une unité de démonstration HyFlex à pile à combustible hydrogène en Europe.

Le concept fondamental — transformer de l’eau en mégawatts sans logistique de carburant — répond à un véritable enjeu pour les centres de données en quête d’énergie. Néanmoins, en l’absence de publication des tarifs, de validation indépendante des émissions et d’un plan de certification pour les marchés hors États-Unis, Flying Pig reste pour l’instant un prototype prometteur plutôt qu’un produit prêt à être déployé pour la majorité des acheteurs européens.

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