Liban
Washington légitime l'influence iranienne au Liban et limite les actions militaires israéliennes
Le gouvernement israélien s'inquiète des accords entre Washington et Téhéran qui renforcent l'influence iranienne au Liban et restreignent les opérations militaires d'Israël.

Le gouvernement israélien a exprimé son inquiétude face à ce qu'il considère comme une légitimation par Washington de l'influence iranienne au Liban, ainsi qu'une réduction de la liberté d'action militaire d'Israël dans cette région, en lien avec les nouveaux accords conclus en Suisse.
Selon des sources israéliennes citées par Axios, les responsables d’Israël craignent que ces nouveaux arrangements compromettent les efforts, menés pendant plusieurs mois par Washington et Tel-Aviv, visant à affaiblir le Hezbollah et à limiter l’influence iranienne au Liban. Ils redoutent également des réactions américaines négatives chaque fois qu’Israël souhaiterait frapper sur le sol libanais, en plus des pressions exercées par le président Donald Trump pour un retrait du sud du Liban, alors même que la menace du Hezbollah demeure.
La note d’entente signée entre les États-Unis et l’Iran prévoit que les deux pays et leurs alliés mettent fin à toutes les hostilités, y compris celles qui se déroulent au Liban, tout en s’engageant à respecter la sécurité régionale et la souveraineté libanaise. Israël considère que cette souveraineté est menacée par son occupation continue du sud du Liban.
Malgré la signature de cet accord, plusieurs affrontements ont eu lieu dans les jours suivants, même si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le samedi précédent. L’Iran avait menacé de fermer le détroit d’Ormuz et de boycotter les négociations en Suisse si les attaques israéliennes se poursuivaient.
Lors du lancement officiel des discussions dimanche, le dossier libanais a été l’un des points principaux abordés. Les parties ont convenu de créer une nouvelle « cellule d’évitement des collisions », incluant le Liban ainsi que des médiateurs pakistanais et qataris, afin d’assurer la pérennité du cessez-le-feu.
Des sources israéliennes affirment que ces nouveaux accords entre Washington et Téhéran concernant le Liban remettent en cause ceux établis en 2024 entre le gouvernement de Benjamin Netanyahu et l’administration de Joe Biden, lesquels avaient reçu l’aval de l’administration Trump actuelle.
Dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu négocié par l’administration Biden en novembre 2024, Israël conservait le droit d’agir contre les menaces imminentes et émergentes posées par le Hezbollah. Or, selon les conditions actuelles, la liberté d’action israélienne serait limitée aux seules menaces immédiates.
Alors que l’ancienne mécanisme de surveillance du cessez-le-feu impliquait Israël, le Liban, les États-Unis et la France, Israël ne figure pas directement dans la nouvelle structure, où l’Iran est en revanche partie prenante.
En outre, la précédente surveillance sous Biden visait à coordonner le démantèlement des infrastructures militaires du Hezbollah dans le sud du Liban, tandis que la nouvelle se concentre sur la prévention des affrontements entre l’armée israélienne et le Hezbollah.
Un responsable israélien a déclaré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu, bien qu’intéressé par les aspects nucléaires de l’accord américano-iranien, est beaucoup plus préoccupé par la question libanaise. Il estime que les opérations israéliennes contre le Hezbollah ont une importance politique intérieure majeure en vue des élections d’octobre prochain. Ce même responsable a qualifié Netanyahu d’« hystérique » à ce sujet.
Récemment, Netanyahu a demandé à son proche Ron Dermer, qui a quitté le gouvernement il y a plusieurs mois, d’utiliser ses relations au sein de l’équipe du président Trump pour influencer en urgence les négociations américano-iraniennes sur le Liban. Selon la même source, l’intervention de Dermer a contribué à pousser Trump à publier sur la plateforme Truth Social une menace de frapper l’Iran si celui-ci ne maîtrisait pas le Hezbollah.
Un responsable américain a confirmé la participation de Dermer, précisant que les négociateurs américains en Suisse l’ont consulté à plusieurs reprises dimanche pour l’informer des discussions avec l’Iran et recueillir son avis, ajoutant : « Nous avons été transparents avec eux. »
De son côté, un responsable libanais a indiqué que le président Joseph Aoun est prêt à accepter le nouveau mécanisme à condition qu’il soit dirigé par les États-Unis. Le vice-président américain J.D. Vance et l’envoyé de Trump Jared Kushner ont informé le président Aoun de cette cellule d’évitement des collisions lors d’un appel téléphonique lundi.
Un haut responsable américain a affirmé que l’Iran est profondément impliqué au Liban depuis des décennies et a assuré qu’Israël ne devrait pas craindre ce nouveau mécanisme, car les États-Unis en font partie. Il a ajouté que le canal direct entre Washington et Téhéran concernant le Liban ne servirait qu’aux intérêts d’Israël.
Source : Axios
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